POLITIQUE

Atteint de la maladie d'Alzheimer, il pourra voter

24/03/2014 09:37 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT
AFP via Getty Images
A woman, suffering from Alzheimer's desease, holds the hand of a relative on March 18, 2011 in a retirement house in Angervilliers, eastern France. AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON (Photo credit should read SEBASTIEN BOZON/AFP/Getty Images)

Une citoyenne de la Rive-Sud de Québec déplore que des résidents d'un Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de la Beauce puissent voter, alors que la majorité d'entre eux n'ont pas les capacités pour s'informer durant la campagne électorale et voter de façon éclairée.

Anne-Marie Nadeau, dont le mari fréquente le CHSLD de Nouvelle-Beauce à Sainte-Hénédine, s'inquiète de la validité du résultat du scrutin du 7 avril prochain.

Mme Nadeau raconte que son époux, qui souffre de la maladie d'Alzheimer, n'a pas toutes ses facultés, mais qu'il pourra néanmoins exercer son devoir de citoyen. Le vote aura lieu mardi au CHSLD de Nouvelle-Beauce.

Mme Nadeau affirme qu'aux dernières élections provinciales, son mari a voté. Même si elle est sa tutrice, elle n'était même pas au courant qu'il avait pu exercer son droit de vote. Mme Nadeau raconte avoir appris par hasard que son époux avait voté.

Pourtant, dit-elle, son mari ne la reconnaît pas toujours. De plus, il est incapable d'écrire son nom et de se nourrir tout le temps de façon autonome 

Anne-Marie Nadeau fait valoir qu'une quarantaine de patients vivent en permanence au CHSLD de la Nouvelle-Beauce et que la grande majorité d'entre eux n'ont pas les capacités pour voter de manière consciencieuse. Elle parle de cas « très lourds ».

« Il y en a qui ne parlent plus du tout. Il y a une madame qui est paralysée, qui est toujours dans la même position », dit-elle.

« Le droit de vote, c'est précieux »

Du côté du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), on affirme que la priorité est de garantir le droit de vote.

« De notre point de vue à nous [...], le droit de vote, c'est précieux et le premier principe, c'est l'accès au vote. L'exception, c'est de ne pas voter. La loi nous oblige, dans un certain nombre d'établissements d'hébergement, à aller installer des bureaux de vote et si on ne le faisait pas, on ne serait pas conforme à la loi », explique Denis Dion, porte-parole du DGEQ.

Au besoin, le scrutateur peut décider qu'un électeur est inapte à voter, ajoute Denis Dion, une procédure qui ne semble cependant pas avoir été respectée au CHSLD de Nouvelle-Beauce aux dernières élections.

« Le scrutateur a le droit de poser des questions à la personne. Si la personne n'est pas capable de dire qui elle est et de donner son adresse, par exemple, il ne la fera pas voter. Les scrutateurs ont la responsabilité de vérifier que l'électeur se souvient qu'il existe », dit M. Dion.

Anne-Marie Nadeau dit ne pas être rassurée par les propos du DGEQ. « On parle tellement de collusion et de malhonnêteté puis de ci et de ça, alors pourquoi aller faire voter des personnes qui ne sont pas conscientes, qui ne sont pas conséquentes de leurs actes? », s'interroge-t-elle.

Une réunion du personnel du CHSLD de Nouvelle-Beauce est prévue lundi après-midi à Sainte-Hénédine.

Anne-Marie Nadeau a l'intention de s'y rendre afin de demander des explications sur la procédure et l'évaluation qui est faite des patients avant de déterminer s'ils sont aptes ou non à voter.

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