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Après la Guinée, cas suspects d'Ebola détectés au Liberia et au Canada

24/03/2014 09:28 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Après la Guinée frappée par des cas de fièvre hémorragique, dont celle provoquée par le virus Ebola, qui ont fait une soixantaine de morts depuis janvier, six cas suspects d'Ebola ont été détectés lundi au Liberia voisin, dont cinq mortels, et un autre cas a été détecté au Canada.

"Un adulte de sexe masculin qui a récemment voyagé en Afrique de l'Ouest est gravement malade dans un hôpital de Saskatoon (ouest du Canada) avec une forte fièvre et d'autres symptômes", a indiqué lundi soir le ministère de la Santé de la province canadienne de la Saskatchewan dans un communiqué.

Cet homme qui s'était déplacé pour son travail "revenait du Liberia", a précisé ensuite Denise Werker, directrice adjointe de la direction provinciale de la santé, en évoquant des symptômes s'apparentant à la fièvre Ebola.

Plus tôt, le ministre libérien de la Santé, Walter Gwenigale, avait indiqué dans un communiqué que "jusqu'à ce matin (lundi), six cas ont été détectés, dont cinq sont déjà morts: quatre femmes et un enfant de sexe masculin". Il a précisé que le sixième cas était une fillette, actuellement "sous traitement".

Ces personnes, dont les nationalités n'ont pas été précisées, étaient venues du sud de la Guinée pour se faire soigner dans des hôpitaux du nord du Liberia, dans la région de Lofa, près de la frontière, selon le ministre.

Ce sont "des gens qui sont venus à des funérailles en Guinée et qui sont retournés chez eux" au Liberia, dans une zone frontalière, a indiqué Marie-Christine Ferir, responsable des situations de crise de Médecins sans frontières (MSF), à l'AFP à Bruxelles.

Il existe "des liens familiaux" dans cette région à cheval sur les deux pays, "les gens viennent assister à des funérailles d'un côté et malheureusement ils se contaminent sans le savoir et ils retournent chez eux après", a-t-elle dit.

Selon le ministre libérien, des inspecteurs libériens de santé "enquêtent déjà sur la situation (...), font des prélèvements sanguins et sensibilisent les autorités sanitaires sur la maladie".

A Conakry, le ministère de la Santé et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont indiqué dans un communiqué que "la Guinée a enregistré du mois de janvier au 23 mars un nombre total de 87 cas suspects de fièvre hémorragique virale dont 61 décès", essentiellement dans le Sud.

De premières analyses d'échantillons effectuées par l'Institut Pasteur de Lyon, en France, ont montré que ces cas de fièvre dans le sud de la Guinée étaient dus au virus Ebola qui provoque une fièvre hautement contagieuse, des vomissements et des diarrhées qui tuent dans la plupart des cas.

- Aucun traitement pour la fièvre Ebola -

Aucun traitement ne peut guérir cette fièvre. Seules des mesures préventives peuvent empêcher sa propagation, ce à quoi s'activent les autorités guinéennes, la Croix-Rouge locale et des organisations internationales spécialisés: OMS, Unicef, MSF-Belgique et MSF-Suisse.

Les trois cas de fièvre hémorragique ayant provoqué deux morts à Conakry ne sont pas dus au virus Ebola, mais la nature de cette fièvre "reste à déterminer", a déclaré à l'AFP le Dr Sakoba Keïta du ministère guinéen de la Santé après avoir reçu les premiers résultats d'analyses à l'Institut Pasteur de Dakar.

Ces déclarations contredisent les informations données dimanche par l'Unicef affirmant que la maladie, due à Ebola, s'était "propagée rapidement" du Sud à Conakry.

Le ministère guinéen de la Santé a demandé aux populations de garder "calme et sérénité" car "la maladie reste circonscrite et sous contrôle".

Le ministère et ses partenaires ont notamment décidé le traitement gratuit de tous les malades dans des centres d'isolement, le traitement spécifique des corps des malades décédés et le recensement de toutes les personnes qui ont eu des contacts directs avec les malades morts - en particulier le personnel médical - et ceux présentant des signes de fièvre, diarrhée, vomissement, fatigue prononcée et/ou saignement.

Des équipes de MSF et de l'OMS, déjà présentes en Guinée, vont être renforcées pour participer à la mise en place de ces mesures et distribuer des kits d'hygiène et de protection individuelle dans les zones touchées. MSF a une trentaine de personnes en Guinée, où sont aussi attendus des spécialistes des Instituts Pasteur de Dakar et Lyon.

Le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Mali ont annoncé avoir réactivé leur système de surveillance épidémiologique. En Sierra Leone voisine, des contacts ont eu lieu avec le gouvernement guinéen et des équipes médicales ont été envoyées à la frontière avec la Guinée.

"A ce jour, aucun cas suspect de fièvre hémorragique à virus d'Ebola n'a été signalé sur le territoire malien", a affirmé le gouvernement malien dans un communiqué.

En dépit des mesures de prévention prises, il y a des "risques réels de propagation" du virus Ebola en Côte d'Ivoire, car "la maladie peut facilement voyager", a affirmé à l'AFP à Abidjan Simplice Dagnan, directeur général de l'Institut ivoirien d'hygiène publique.

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés mais aussi par le contact avec des animaux infectés.

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