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Algérie: Barakat manifeste pour l'indépendance de la presse audiovisuelle

24/03/2014 08:00 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Une cinquantaine de militants du mouvement civique Barakat (Ca suffit) ont manifesté lundi devant le siège de la radio-télévision publique à Alger pour exiger une couverture équitable de la campagne électorale présidentielle et la liberté de la presse.

Les manifestants ont manifesté pendant une demi-heure encadrés par au moins deux fois plus de policiers en civil et en uniforme, a constaté un journaliste de l'AFP. Ils ont été repoussés sans violences vers le trottoir d'en face pour ne pas gêner la circulation.

Ils ont surtout crié "Libérez Atlas TV", une chaîne de télévision satellitaire privée considérée comme critique envers le président candidat Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, dont la santé est fragile et qui vise un quatrième mandat après 15 ans de pouvoir. Atlas TV, jugée favorable au candidat d'opposition Ali Benflis, avait d'abord subi une perquisition de la police avant d'être fermée le 12 mars.

Ils ont aussi exigé une "Télévision nationale et pas Bouteflika", accusant la chaîne publique de favoritisme. "Il faut préserver la télévision publique et éviter qu'elle soit au seul service de Bouteflika", a indiqué à l'AFP un membre fondateur de Barakat, le journaliste Mostafa Benfodil.

"Barakat el Khorti" (halte au mensonge), ont-ils scandé régulièrement.

Une chaîne satellitaire, Wiam, vient tout juste d'être créée pour soutenir le président sortant. Celui-ci est aussi soutenu par plusieurs autres chaînes satellitaires qui émettent depuis des mois, tandis qu'une nouvelle chaîne, Espoir, devrait soutenir le candidat Ali Benflis, principal challenger de Bouteflika parmi les cinq autres aspirants à la magistrature suprême.

Le mouvement Barakat est apparu dès l'annonce le 22 février par le Premier ministre d'alors Abdelmalek Sellal d'une nouvelle candidature du président. Déterminé à être un mouvement citoyen et non politique, il organise des manifestations un peu partout dans le pays pour une libéralisation de la vie politique et sociale et contre le 4e mandat présidentiel du chef d'Etat sortant. S'il est difficile d'évaluer son importance, le mouvement a néanmoins plus de 30.000 amis sur son site de Facebook.

abh/sw

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