NOUVELLES

Paix: le contentieux sur la libération de détenus arabes israéliens menace l'initiative Kerry

23/03/2014 08:52 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

La demande palestinienne de libération de prisonniers arabes israéliens parmi le contingent de 26 détenus qu'Israël s'est engagé à relâcher le week-end prochain, dans le cadre de l'initiative de paix américaine, provoque une levée de boucliers au sein du gouvernement de Benjamin Netanyahu, menaçant l'avenir des négociations.

Le ministre de la Sécurité Intérieure, Yitzhak Aharonovitch, a affirmé dimanche qu'il était catégoriquement hostile à de telles libérations.

"Nous nous opposerons à tout prix, mon parti et moi, à la libération de terroristes arabes israéliens", a déclaré à la radio publique M. Aharonovitch, un membre du parti ultranationaliste Israël Beiteinou, dirigé par le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman.

"Pour le moment aucune décision (du gouvernement) n'a été prise", a précisé M. Aharonovitch, un des cinq ministres de la commission chargée de valider l'élargissement des prisonniers, alors que 26 détenus listés par les Palestiniens doivent en principe être relâchés le 29 mars.

Le vice-ministre de la Défense Danny Danon, un faucon du Likoud (droite nationaliste), a déjà prévenu qu'il démissionnerait "immédiatement" si ces Arabes israéliens étaient inclus dans la liste des détenus libérables. Danny Danon est un opposant au Premier ministre au sein du Likoud.

De son côté, le Foyer juif, un parti nationaliste religieux, fervent partisan de la colonisation, menace aussi de quitter le gouvernement Netanyahu si des Arabes israéliens ou des Palestiniens de Jérusalem-Est sont élargis.

Israël considère les Arabes israéliens -- issus de la minorité palestinienne restée sur place après la création de l'Etat hébreu en 1948 -- comme des ressortissants israéliens et non palestiniens. Ils sont jugés non seulement comme "terroristes" mais aussi comme traîtres à leur pays lorsqu'ils sont impliqués dans des attentats anti-israéliens.

Israël établit aussi une distinction entre Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, d'une part, et ceux qui résident à Jérusalem-Est annexée, de l'autre, qui sont détenteurs d'une carte d'identité israélienne.

- Espion israélien -

Le président palestinien Mahmoud Abbas insiste pour que des Arabes Israéliens et des Palestiniens de Jérusalem-Est figurent dans la dernière vague de détenus remis en liberté.

Lors de la reprise des négociations de paix en juillet 2013 sous l'égide des Etats-Unis, Israël s'est engagé à relâcher 104 prisonniers palestiniens en quatre phases, dont les trois premiers contingents, de 26 chacun, ont déjà été libérés.

Selon les commentateurs, ce dossier risque de faire capoter les négociations de paix censées s'achever le 29 avril après un délai de neuf mois fixé d'un commun accord entre Israël, les Palestiniens et les Etats-Unis.

Selon la radio publique, les Etats-Unis s'efforcent de trouver une "solution créative" pour éviter que les pourparlers, déjà en grande difficulté, ne déraillent pour de bon.

L'envoyé spécial américain Martin Indyk a rencontré samedi soir à Jérusalem la ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni, responsable des négociations avec les Palestiniens et considérée comme l'élément le plus modéré du gouvernement Netanyahu.

M. Indyk, a également vu samedi le chef négociateur palestinien Saëb Erakat, et devait s'entretenir dimanche avec le président Abbas à Ramallah, en Cisjordanie.

Les médias israéliens évoquaient à nouveau dimanche l'hypothèse d'une libération de Jonathan Pollard, un espion israélien condamné à la prison à vie aux Etats-Unis, un geste de bonne volonté américian susceptible de sauver les négociations israélo-palestiniennes.

Selon la radio publique, la grâce de Jonathan Pollard, réclamée en vain depuis des années par tous les gouvernements israéliens, pourrait amener M. Netanyahu à accepter la libération de prisonniers arabes israéliens.

La radio a toutefois souligné qu'il n'était pas certain que le président américain Barack Obama accepte ce marché.

Jonathan Pollard, un ancien expert de la marine américaine, a été arrêté aux Etats-Unis en 1985 pour avoir transmis à Israël des milliers de documents secrets sur les activités du renseignement américain dans le monde arabe, puis condamné à la réclusion à perpétuité pour espionnage. Il a obtenu la nationalité israélienne en 1995.

jlr-agr/hj

PLUS:hp