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Mort de l'ancien premier ministre espagnol Adolfo Suarez

23/03/2014 11:03 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

L'ancien premier ministre espagnol Adolfo Suarez, grande figure de la transition vers la démocratie après la mort du général Franco, est décédé dimanche à Madrid. Il avait 81 ans.

Selon sa famille, Adolfo Suarez était hospitalisé depuis lundi dernier pour des troubles d'ordre respiratoires. Il était également atteint de la maladie d'Alzheimer.

Ministre sous le régime de Franco jusqu'à la mort de celui-ci, en 1975, M. Suarez est choisi par le roi nouvellement investi, Juan Carlos, pour orchestrer avec lui la transition vers la démocratie. La commande est grande: le roi lui demande d'unifier la population, meurtrie par 40 ans de fascisme et d'autoritarisme, où chacun devait surveiller son voisin.

En 1977, il organise la première élection démocratique depuis la guerre civile de 1936-1939. Il est confirmé à son poste par la population. Et le changement s'opère: Adolfo Suarez déclare légal le Parti communiste, qui peut concourir à l'élection, une décision impensable deux ans plus tôt.

Critiqué à l'époque par ses anciens collègues franquistes pour avoir tourné le dos à l'héritage du général, mais aussi par les socialistes qui l'accusaient d'opportunisme, Adolfo Suarez aura malgré tout réussi, selon plusieurs, à réparer la déchirure sociale et préparer le chemin à la démocratie.

Il a occupé le poste de premier ministre jusqu'en 1981. Ami proche du roi, M. Suarez est alors nommé duc. Il fonde ensuite un nouveau parti politique, qui n'aurait pas le succès escompté. Il prend sa retraite en 1991 pour se consacrer à sa famille. Sa femme Amparo et sa fille Marian succombent toutes deux au cancer du sein, la première en 2001, la seconde en 2004.

En 2007, un sondage avait révélé qu'il était l'ancien premier ministre le plus respecté de l'Espagne post-franquiste.

« La carrière politique du premier ministre Suarez nous rappelle les fondements de notre transition démocratique: la reconnaissance des voix dissonantes, la promotion de la tolérance et le maintien du dialogue » a affirmé un autre ancien premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.

Le roi pleure son ami et collaborateur

Le roi Juan Carlos a rendu hommage à son vieil ami aussitôt la nouvelle de sa mort rendue publique. Il a d'abord exprimé sa tristesse, mais aussi sa gratitude.

« La douleur n'est pas un obstacle pour se souvenir de l'un des chapitres les plus brillants de l'histoire de l'Espagne, la transition, menée par le peuple espagnol, dirigée par Adolfo et par moi avec un groupe exceptionnel de personnes de différentes idéologies, unies par une grande générosité et un haut sentiment de patriotisme », a-t-il déclaré.

Vendredi, lorsque sa famille a annoncé que les heures d'Adolfo Suarez étaient comptées, elle a indiqué que le roi avait été le premier informé, conformément aux dernières volontés de l'ancien chef d'État.

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