POLITIQUE

Selon un sondeur, les jeunes peuvent changer le paysage politique fédéral

22/03/2014 11:43 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT
Michael Fernahl via Getty Images

OTTAWA - Une nouvelle analyse portant sur les jeunes électeurs n'étant pas allés dans l'isoloir aux dernières élections fédérales révèle qu'ils devraient repenser leur abstentionnisme.

Si les jeunes avaient été aussi nombreux à voter en 2011 que la population en général, le sondeur Nik Nanos soutient, travaux à l'appui, qu'ils auraient non seulement changé le résultat des élections, mais également le ton et le contenu du débat politique.

À peine plus de 60 pour cent des électeurs inscrits se sont prévalus de leur droit de vote. Chez les moins de 30 ans, ce taux de participation tombe sous les 40 pour cent.

Travaillant avec Kevin Page, l'ancien directeur parlementaire du budget, sur un projet visant à pousser les jeunes à s'intéresser au processus électoral, M. Nanos s'est servi des données recueillies lors de sondages quotidiens pendant la campagne de 2011, ainsi que d'études effectuées pour l'Institut de la recherche sur les politiques publiques pour répondre à la question: «Que se serait-il passé si 60 pour cent des jeunes avaient voté?»

La réponse? Les conservateurs de Stephen Harper n'auraient sans doute pas gagné de majorité.

De façon encore plus importante, dit-il, le débat politique aurait été plus optimiste, et aurait porté sur davantage de sujets si les jeunes avaient été davantage impliqués.

«Ce que nous avons constaté, c'est que leurs sujets d'intérêt et d'inquiétude sont beaucoup plus variés que ceux des Canadiens plus âgés, qui se préoccupent d'emplois et de santé, mentionne M. Nanos lors d'une entrevue. Alors, si vous êtes un jeune Canadien, vous êtes deux fois plus porté à affirmer que l'environnement est un dossier prioritaire.»

Son analyse laisse également entendre que les Canadiens plus âgés «sont très cyniques, sont moins confiants en ce qui concerne trouver des solutions», tandis que les jeunes «sont en fait beaucoup plus optimistes, ont davantage confiance dans l'idée de trouver des solutions».

Au dire de M. Nanos, «le simple fait d'engager les jeunes [dans le processus] pourrait changer le ton du dialogue».

Une majorité des solutions visant à accroître la participation électorale des jeunes tournent autour de l'idée de faciliter le vote, en installant des bureaux de vote dans les universités et en prévoyant de plus longues périodes de vote par anticipation, entre autres initiatives.

Le sondeur propose plutôt aux leaders politiques de s'intéresser davantage aux sujets concernant les jeunes électeurs.

«Si nous avions le parfait système électoral qui était entièrement accessible, pourquoi pensons-nous que davantage de Canadiens voteraient si le contenu est pourri?»

Le problème demeure cependant entier, croit M. Nanos. Les politiciens modifient nécessairement leurs messages pour cibler ceux qui votent, et tout aussi longtemps que la majorité des jeunes ne votent pas, les intérêts de ces derniers ne seront pas intégrés dans le discours politique.

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