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Red Bull Crashed Ice : Christian Papillon, le fin stratège

22/03/2014 10:55 EDT | Actualisé 22/03/2014 11:13 EDT
Vincent Morin HuffPost Québec

Le parcours du Québécois Christian Papillon sort de l’ordinaire. Un athlète de calibre international de 2007 à 2010, le Québécois est l’architecte des pistes tortueuses du Red Bull Crashed Ice depuis sa retraite de la compétition.

«Mon premier contact avec le ice downhill cross a eu lieu en tant que spectateur en 2006, a-t-il déclaré lors d’une entrevue avec Huffington Post Québec, samedi. Un ami y participait et je me rongeais les doigts de ne pas avoir participé. En 2007, le sport était de retour à Québec et j’ai embarqué.»

En peu de temps, le patineur fleurdelisé faisait partie de l’équipe nationale.

«J’ai évolué avec l’équipe canadienne jusqu’en 2010, où je me suis défait un ligament un matin juste avant une course, a dit le sympathique stratège. Par la suite, j’ai obtenu une entrevue avec la compagnie et depuis ce temps, je m’occupe du volet sport avec Red Bull.»

Le travail de Christian Papillon est complexe. Il est le cerveau concepteur de toutes les épreuves du circuit Red Bull Crashed Ice.

«Que ce soit à St. Paul (États-Unis) ou à Moscou (Russie), on doit s’adapter! C’est un boulot à l’année de concevoir toutes les pistes. Le but, à la fin de la saison, est que le meilleur patineur l’emporte.»

Du chantier à la patinoire

Christian Papillon n’est pas le seul à avoir profité de l’élan de l’ice downhill cross.

C’est en fouillant par hasard sur Internet que le champion du monde 2013, Derek Wedge, a eu vent du Red Bull Crashed Ice.

Le Suisse s’est d’abord qualifié sur une patinoire en Allemagne avant de faire son entrée sur le circuit.

«Je suis allé aux qualifications en Allemagne puisqu’à l’époque, ça n’existait pas en Suisse. J’ai été l’un des cinq ou six choisis sur une centaine de patineurs. L’année d’après, je faisais partie du championnat.»

Le sport a été une véritable porte de sortie pour l’ancien charpentier.

«Je voulais sortir du chantier, a-t-il avoué. Avec la bourse des courses, les commanditaires et les différentes classes que je donne l’été (Wedge est professeur d’un camp multisport où il combine vélo de montagne tout terrain, ski sur glaciers et ski nautique), j’ai pu vivre du sport. Et ça m’a donné une belle notoriété: les enfants veulent passer du temps avec le champion!»

À l’âge de 32 ans, il doit tout de même avouer que le ice downhill cross lui rappelle qu’il n’est pas un «jeune coq du printemps».

«J’ai des petits soucis aux genoux et au dos. Je suis d’ailleurs loin dans le classement cette année, a-t-il dit. Le niveau des athlètes a évolué. Il est tellement haut cette année que j’aurai besoin d’une préparation physique plus sérieuse.»

Steven Cox, par la bande

Originaire de la région de Québec, Steven Cox, un patineur âgé de 23 ans, a lui aussi dû démontrer beaucoup de persévérance avant d’obtenir sa chance.

«En fait, dès l’âge de six ans, je rêvais de faire des flips en patins, a expliqué le jeune homme reconnu pour ses sauts périlleux sur la piste. J’ai d’abord postulé sur le Web en mentant sur mon âge et mon identité puisque j’étais trop jeune, mais ça n’avait jamais fonctionné.»

Par le biais d’un ami, il a toutefois réussi à se faufiler dans l’organisateur du Red Bull Crashed Ice, mais pas de la façon qu’il espérait…

«Mon ami travaillait pour Gestev et il m’a dit qu’ils cherchaient des gars pour arroser la glace, s’est-il souvenu. C’était gratifiant de travailler pour l’organisation et j’ai accepté. De plus, tous les employés pouvaient essayer la piste. J’ai amené ma poche de hockey et ils ont fini par me connaître!»

De fil en aiguille, il a fini par épater la galerie avec son style peu conventionnel.

«L’an d’après, à Niagara Falls, j’ai également traîné ma poche de hockey, a-t-il poursuivi. Je faisais des culbutes sur la glace avec mes outils et mes drills. Christian Papillon m’a ensuite demandé d’aller au Japon avec lui, où il y avait l’événement Red Bull Freeze.»

En plus de travailler, Steven Cox a pu se faire un nom dans son sport. Et même s’il a manqué la qualification pour le Red Bull Crashed Ice 2014, on lui a tout de même donné un laissez-passer. Avec raison: l’athlète fleurdelisé s’est qualifié parmi les 64 finalistes à Québec.

Ses commanditaires, X-Blades, Jack Saloon et Distracture doivent être bien fiers!

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