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Premier tour des municipales en France, test électoral pour Hollande

22/03/2014 11:45 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

Quelque 45 millions de Français et électeurs de l'Union européenne votaient dimanche pour le premier tour des élections municipales, un scrutin qui constitue le premier grand test électoral pour François Hollande en proie à une forte impopularité après 22 mois au pouvoir.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (07H00 GMT), la métropole prenant le relais de la Nouvelle-Calédonie, de la Réunion et de Mayotte, où en raison du décalage horaire le vote avait commencé plus tôt.

Selon les communes, les électeurs ont jusqu'à 18H00, 19H00 ou 20H00 pour glisser leur bulletin dans l'urne. Après les Antilles et la Guyane à partir de la mi-journée, la Polynésie, en retard de 11 heures sur la métropole, fermera la marche en votant dans la nuit de dimanche à lundi (heure de Paris).

Rarement une élection intermédiaire - la première depuis la victoire du socialiste François Hollande à la présidentielle de 2012 - s'est déroulée dans un contexte aussi hostile au pouvoir en place. M. Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault ne sont crédités que de 20 à 25% de confiance dans les sondages d'opinion.

Peu de commentateurs se sont risqués à un pronostic sur l'issue d'un scrutin municipal à deux tours où l'enjeu est avant tout local et où est redoutée une forte abstention.

En 2008, lors des dernières élections municipales, l'abstention avait atteint 33,5%. Cette fois, les instituts de sondage l'anticipent autour de 40%. Le ministère de l'Intérieur fournira des chiffres provisoires de participation à 12H00 (11H00 GMT) puis 17H00.

Les politologues insistent sur la notion d'"abstention différentielle". "L'enjeu est de savoir qui (de la droite ou de la gauche, ndlr) en souffrira le plus", analysait avant le scrutin Dominique Reynié, professeur à Sciences Po.

- Affaires politico-judiciaires -

La révélation d'affaires politico-judiciaires au cours des semaines passées pourrait aussi influer sur le vote des Français.

Surfacturations au détriment des finances du parti de droite UMP, enregistrements clandestins d'un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, écoutes judiciaires de l'ancien président: cette accumulation a renforcé le discrédit dont souffre la classe politique française.

Quel impact aura la tribune au vitriol de Nicolas Sarkozy, publiée jeudi soir par le Figaro et où l'ancien chef de l'Etat compare la France à une dictature ? "Cette prise de parole devrait amplifier la mobilisation de l'électorat de droite, alors que la campagne a été atone et que l'UMP n'a pas réussi à nationaliser le scrutin", a répondu Bernard Sananès, de l'institut CSA, dans le Figaro du week-end.

Toutefois la plupart des études d'opinion ont montré que les électeurs choisiront majoritairement leur maire en fonction d'enjeux locaux: impôts, sécurité, voirie, propreté, emploi...

Autre clé du scrutin: les scores du parti d'extrême droite Front national.

La présidente du Front national (FN, extrême droite), Marine Le Pen, s'est dit "confiante" voire "très confiante". Malgré quelques ombres au tableau - des candidats enregistrés "à leur insu" ou avec un pédigree extrémiste marqué -, le FN espère conquérir dix à quinze villes et s'assurer une implantation locale sur le long terme.

Ce parti devrait émerger dimanche soir comme un faiseur de rois, selon Bernard Sananès: il pourrait imposer des triangulaires PS-UMP-FN au second tour prévu le 30 mars dans "150 à 200 villes".

La menace est telle pour le gouvernement que le Premier ministre a appelé la semaine dernière à "tout faire" pour qu'il n'y ait "aucun" maire FN.

Cette année, Paris et Marseille (sud) notamment seront sous les projecteurs. Dans la capitale, l'ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet et l'actuelle première adjointe PS Anne Hidalgo se disputent la succession de Bertrand Delanoë. A Marseille, un socialiste tente de déloger un baron UMP, en lice pour un 4e mandat.

Le scrutin vise à désigner pour six ans les conseillers municipaux dans quelque 36.700 communes, ceux-ci étant ensuite amenés à désigner parmi eux leur futur maire.

bur-blb/pt

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