POLITIQUE

Marois et Couillard n'ont pas les compétences pour gérer le Québec, selon Legault

22/03/2014 10:49 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - Une tuile s'abat sur la campagne caquiste: trois candidats ont été déclarés inéligibles samedi par le Directeur général des élections du Québec (DGÉQ).

Il s'agit de Mario Gagnier, candidat dans Soulanges, Sam Nassif, dans Saint-Laurent, et François-Carl Labonté, dans Westmount-Saint-Louis, a divulgué la CAQ. Le DGÉQ a confirmé que trois candidats avaient été exclus, mais n'a pu nommer qu'un seul des candidats, Mario Gagnier, sans être en mesure de confirmer les noms des deux autres.

Cette bourde de la CAQ survient le même jour où François Legault a plaidé qu'il était le seul des trois chefs à avoir les compétences pour gérer le Québec.

Il manquait des signatures aux trois candidats, a précisé en soirée la porte-parole du DGÉQ, Marylin Brochu, sans pouvoir fournir davantage de renseignements. Cela laisse cependant entendre que des signatures ont été invalidées.

Chaque candidat est tenu d'amasser au moins 100 signatures pour être éligible en vertu des règles du DGÉQ. La période de mise en candidature se terminant samedi à 14 h 00, la CAQ ne pourra présenter que 122 candidats sur les 125 circonscriptions.

Il y avait des irrégularités dans les signatures amassées par les trois candidats, selon la version du chef François Legault, qui a tenté de minimiser l'affaire samedi soir, tout en critiquant la sévérité du DGÉQ et en n'écartant pas l'exclusion d'autres candidats.

M. Legault en savait peu sur les détails. Mais il a expliqué que des résidants des circonscriptions ont signé sans être inscrits sur la liste électorale, ou encore des femmes ont signé avec leur nom de jeune fille. Selon lui, il ne s'agit pas, toutefois, de signatures contrefaites. Ce sont des erreurs de bonne foi, à ses yeux.

«Je ne suis pas content de ça, mais on est en train de faire des vérifications», a-t-il dit dans un point de presse avant d'aller regarder un match télévisé de hockey dans un restaurant de Québec.

Dans Saint-Laurent, cinq signatures ont été refusées, a dit M. Legault, sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi.

Il a traité toute l'affaire avec une certaine légèreté, même quand les journalistes lui ont demandé si cela entachait la crédibilité de sa formation, comme solution de rechange pour former le prochain gouvernement.

«Vous aussi, vous êtes dans le théâtre, dramatique, vous écoutez trop Yves Desgagnés (le metteur en scène qui s'est mis au service de la chef péquiste Pauline Marois)», a-t-il lancé à un journaliste.

C'est la direction générale du parti qui est en cause, pour la vérification des signatures, a fait savoir M. Legault, qui a toutefois pleine confiance en l'organisation de son parti.

Plus tôt dans la campagne, un autre candidat caquiste avait fait parler de lui parce des photos de lui dans le plus simple appareil avaient circulé sur des réseaux sociaux.

Compétences

Plus tôt samedi, le chef caquiste avait dit que Pauline Marois et Philippe Couillard n'ont pas les compétences pour gérer le Québec parce qu'ils sont respectivement travailleuse sociale et médecin.

Il a affirmé que le Québec a actuellement besoin d'un gestionnaire et entrepreneur.

«J'ai de l'expérience dans le redressement (d'entreprises), et je crois que pour être capable, au Québec, d'avoir un vrai plan de redressement, c'est mieux d'avoir un comptable, un entrepreneur, un gestionnaire, que d'avoir une travailleuse sociale ou un médecin», a déclaré le chef caquiste en conférence de presse samedi matin dans un hôtel de Québec.

Il a ainsi fait allusion à la formation de neurochirurgien de M. Couillard et celle de travailleuse sociale de Mme Marois, tout en omettant de préciser qu'elle détient tout de même une maîtrise en administration des affaires des Hautes Études commerciales (HEC).

À l'opposé, le chef caquiste a fait valoir sa feuille de route de cofondateur et grand patron d'Air Transat, sa formation de comptable et son expérience en redressement d'entreprise. Mais, en plus de la formation et du choix de carrière qui importe dans le choix du prochain premier ministre du Québec, il ajoute un autre critère qui joue en sa faveur, selon lui: la passion.

Il a soutenu qu'il a toujours été passionné d'économie, du plus loin qu'il se rappelle.

«Il n'y a personne qui peut nier que moi, c'est ma passion, l'économie, la gestion. C'est ça que j'ai choisi comme carrière avant la politique. Ça, c'est factuel.»

M. Legault a soutenu que ses rivaux n'ont pas la passion de l'économie et de la gestion. Selon M. Legault, créer des emplois sera pour eux un «travail à temps partiel».

Le chef caquiste s'est défendu d'être méprisant envers ses adversaires.

«Ce n'est pas méprisant, chacun ses spécialités, et puis c'est factuel», a-t-il rétorqué. Il se défend aussi de vouloir mettre des gestionnaires à la tête de tous les ministères.

Néanmoins, les commentaires du chef caquiste ont semé le mécontentement au sein de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec. Dans un communiqué, samedi soir, son président, Claude Leblond, a exigé des excuses publiques de la part de M. Legault.

«Il est faux de prétendre que des travailleurs sociaux ne sont pas aptes à assumer des fonctions importantes au sein de notre société, y compris celles de premier ministre. Les propos de M. Legault sont dénigrants et il doit s'en excuser publiquement», a déclaré M. Leblond.

Par ailleurs, la CAQ a présenté un autre de ses engagements samedi. Un gouvernement caquiste réduirait de 300 millions $ les contrats informatiques, sur les 2 à 3 milliards $ de projets en cours. L'objectif est de 15 pour cent d'économie, mais on ne sait comment l'objectif a été fixé, et l'argent économisé serait réinvesti dans l'amélioration des systèmes.

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