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François Legault n'est pas le leader de la droite, affirme le chef du Parti conservateur du Québec

22/03/2014 11:38 EDT | Actualisé 24/03/2014 09:44 EDT
PC

Aucun parti n’incarne les idées de la droite fédéraliste actuellement, affirme le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Adrien Pouliot. Avec son parti et sa soixantaine de candidats à l’élection, il veut convaincre les Québécois qu’il faut «réduire la taille de l’État et augmenter sa productivité». Comment y arriver? Il propose entre autres de modifier le système de santé afin que le patient soit considéré comme «un client», en plus de transformer les écoles en «petites PME.»

Ancien membre de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Adrien Pouliot est devenu, en 2012, le chef du Parti conservateur du Québec. Pour lui et ses militants, aucun parti n’incarne suffisamment les idées de la droite, «même pas la Coalition avenir Québec». «François Legault avec la CAQ est parfois à gauche, parfois au centre, et aussi parfois à droite avec ses idées», déplore l’homme d’affaires.

Le chef du PCQ n’a d’ailleurs pas de mots tendres envers François Legault, lui qui a été un farouche opposant à la fusion entre l’ADQ et la CAQ à l’époque. Selon lui, les militants de la droite pourraient être tentés de se joindre à la CAQ si François Legault quitte. «François Legault a de bonnes qualités. Mais, il n’est pas le leader dont la droite a besoin pour le Québec. Il faudrait que François Legault quitte pour qu’on se joigne à la CAQ», dit le chef du PCQ.

Pour cette élection, Adrien Pouliot a réussi à rassembler une soixantaine de candidats. Or, même si ses candidats se présentent aux quatre coins du Québec, il concentre ses forces dans les 18 comtés de la grande région de Québec. Un «terrain fertile aux idées et projets de la droite», remarque Adrien Pouliot, candidat dans la circonscription de Montmorency.

«Nous sommes en mode marathon pour le moment, et non en sprint. L’élection sert à nous faire connaître tranquillement. Ce que nous voulons, c’est bâtir un mouvement de droite afin d’avoir une vraie base et une voix dans les régions du Québec», explique-t-il.

Réduire la taille de l’État

Parmi les idées défendues, le PCQ propose entre autres de revoir le régime de retraite des députés, de diminuer le nombre de ministères, en plus de réduire les taxes et les impôts.

Au sujet de la santé, il veut «revoir le mode de rémunération des hôpitaux» pour l’adapter en fonction de l’«épisode de soins». De cette façon, un hôpital serait payé une fois l’intervention terminée sur le patient, et non selon un budget global, ce qui est le cas actuellement.

Avec un tel changement, affirme M. Pouliot, «une concurrence entre les hôpitaux s’installerait, ce qui permettrait de soigner un plus grand nombre de malades. Les patients deviendraient des clients pour les gestionnaires de santé». De quoi réaliser des économies qu’il estime à 3 milliards de dollars.

Le chef de PCQ se positionne également en faveur de l’introduction d’un système de santé privée, parallèle à celui de l’État. Il propose aussi «d’aller en appel d’offres international» pour la gestion des hôpitaux de l’État, en plus de permettre aux «médecins de travailler au public et dans le système privé.»

Pour ce qui est de l’éducation, Adrien Pouliot propose «de donner un bon (ticket) universel aux parents», en plus d’abolir les commissions scolaires. Ainsi, les parents pourraient «magasiner l’école de leur choix». Ils auraient donc le choix entre une «école publique, privée sans but lucratif ou lucrative», dit-il.

«L’école deviendrait une petite PME. Ce serait une façon de stimuler la concurrence entre elles et de leur redonner leur l’autonomie. Le ministère de l’Éducation continuerait de s’occuper de la standardisation de la matière», décrit-il, estimant être en mesure d’économiser 500 millions de dollars.

Au chapitre de l’identité, le PCQ se dit fédéraliste, mais «pas précoce à aller à Ottawa pour signer la constitution.»

Questionné sur l’arrivée de l’ancien grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, au Parti québécois, Adrien Pouliot estime que la vision du candidat vedette ressemble à du «corporatisme d’État», ce qui le déçoit.

Afin de faire valoir ses idées, le chef du PCV vient de publier un livre intitulé Des idées pour débloquer le Québec. Homme d’affaires, en plus d’avoir dirigé TQS et CFCF-12, une entreprise de télédistribution vendue en 1996 à Vidéotron pour 687 millions de dollars. Il va, par la suite, acquérir l’entreprise Entourage Solutions Technologiques, qu’il vendra à Bell Canada en 2005. Le chiffre d’affaires était alors évalué à 200 millions de dollars.

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