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Vol MH370: face-à-face tendu entre officiels malaisiens et familles des disparus

21/03/2014 07:12 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

Des proches de Chinois disparus à bord du Boeing de la Malaysia Airlines ont laissé vendredi s'exprimer leur colère en rencontrant pour la première fois à Pékin des représentants des autorités malaisiennes, à qui ils ont reproché d'avoir perdu du temps.

La réunion, dans un hôtel de la capitale chinoise, a débuté dans une ambiance tendue, avec des membres des familles exigeant haut et fort que les officiels malaisiens se lèvent pour se présenter.

"Nous voulions vous voir dans les premières 24 ou 48 heures, ce qui aurait allégé nos souffrances de ces 13 derniers jours", a lancé un proche de passager manquant, la voix déraillant sous l'émotion.

Des huées ont accompagné les prises de parole du groupe de responsables politiques et militaires envoyé par Kuala Lumpur.

Dans cet hôtel de Pékin où séjournent les familles des disparus et où sont organisées des rencontres régulières avec des responsables de la Malaysia Airlines, les aléas de l'enquête, les démentis et les espoirs déçus ont durablement entamé la confiance.

Très irritées et souvent à bout de nerfs, les personnes rassemblées sont pour beaucoup convaincues qu'on leur cache des choses depuis le départ.

"L'avion a fait demi-tour, mais vous l'avez nié, et à cause de cela vous avez gâché énormément de temps", a accusé l'une des personnes dans la salle.

Il y avait 153 Chinois à bord du Boeing 777 de la Malaysia Airlines quand il s'est volatilisé le 8 mars des écrans radars civils, une heure après son décollage de Kuala Lumpur.

Au sein de l'assemblée, presque deux semaines après la disparition de l'avion de ligne, certains restent persuadés que celle-ci s'explique par un "complot" fomenté par la Malaisie.

"Peu importe les raisons (de la perte de l'appareil), serait-il possible que le gouvernement malaisien oublie sa haine et ses propres intérêts et qu'il laisse nos bien aimés rentrer chez eux?", a interrogé une mère en pleurs, suscitant des applaudissements de soutien.

D'autres proches de passagers disparus ont soulevé des hypothèses de sabotage pour raison politique, absolument pas étayées mais sources de rumeurs persistantes.

Et notamment l'idée que l'un des deux pilotes, Zaharie Ahmad Shah, à qui la presse locale prête un lointain lien de parenté avec la belle-fille du leader de l'opposition malaisienne Anwar Ibrahim, aurait pu se venger de la condamnation d'Anwar pour "sodomie" dans un procès que ce dernier a dénoncé comme une cabale politique.

Cet hôtel Lido, situé non loin de l'aéroport de Pékin où ne sont jamais arrivés les passagers, avait déjà été le théâtre ces derniers jours d'éruptions de colère et d'échanges houleux. Certains proches des disparus ont même envisagé de se mettre en grève de la faim.

Parmi la délégation officielle présente vendredi au Lido figuraient l'ambassadeur de Malaisie en Chine, deux responsables de l'aviation civile malaisienne, un responsable gouvernemental malaisien et un pilote de Boeing 777.

L'Australie a relancé jeudi les recherches en annonçant avoir détecté de possibles morceaux du Boeing flottant dans le sud de l'océan Indien, à environ 2.500 km au sud-ouest de la ville de Perth.

Vendredi en fin de journée, Canberra n'était pas en mesure de confirmer si ces "objets" repérés par satellite étaient bien des débris de l'appareil.

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