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Sommet USA/CoréeSud/Japon à La Haye: Shinzo Abe confirme sa participation

21/03/2014 05:11 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe participera la semaine prochaine au sommet tripartite avec les présidents américain et sud-coréen à La Haye, a annoncé vendredi le ministère nippon des affaires étrangères.

"Les trois dirigeants discuteront de la non-prolifération nucléaire ainsi que du dossier nucléaire nord-coréen", indique un communiqué de la chancellerie japonaise reçu par l'AFP.

Plus tôt dans la journée, un porte-parole de la présidence sud-coréenne avait déclaré que les trois dirigeants se réuniraient, sur initiative américaine, en marge du sommet sur la sécurité nucléaire aux Pays-Bas.

Il ne s'agira pas d'un face à face entre les dirigeants japonais et sud-coréen, Shinzo Abe et Park Geun Hye, mais cette rencontre, la première à un tel niveau depuis plus d'un an, était voulue depuis longtemps par Washington, qui tente de dénouer les tensions entre ses deux plus importants alliés en Asie.

Depuis leurs prises de fonctions, les deux dirigeants asiatiques ne se sont pas rencontrés officiellement et les relations entre les deux pays, alliés des Etats-Unis et grands partenaires commerciaux, sont très fraîches.

Séoul reproche au Premier ministre japonais, connu pour ses positions nationalistes tranchées, sa visite le 26 décembre au sanctuaire Yasukuni, où sont honorés 2,5 millions de morts tombés pour le Japon, dont 14 criminels de guerre condamnés après 1945.

La Chine et la Corée du Sud avaient fustigé ce pèlerinage, le premier par un chef de gouvernement japonais depuis 2006, comme une insulte aux victimes des atrocités commises par les troupes nippones dans la première moitié du XXe siècle.

Les Etats-Unis avaient alors exprimé leur "déception".

La brouille entre Séoul et Tokyo inquiète les Etats-unis, qui ont fait de l'Asie le "pivot" de leur diplomatie. Ainsi à la mi-février le secrétaire d'Etat John Kerry avait appelé jeudi la Corée du Sud et le Japon à améliorer leurs relations en "oubliant le passé" afin d'assurer la stabilité de la région.

"Il est crucial de maintenir une coopération trilatérale solide face à la menace nucléaire nord-coréenne", avait-il ajouté.

Ces derniers mois, la présidente sud-coréenne a exclu toute rencontre avec le dirigeant japonais, à moins qu'il ne fasse preuve de regrets sincères sur les actes commis par les Japonais pendant l'occupation de la péninsule coréenne et la guerre.

Outre un conflit territorial en mer de Chine orientale (Tokyo réclame un petit archipel administré par Séoul), la Corée du sud est notamment très remontée contre le Japon à propos de l'affaire des femmes dites "de réconfort", ces Asiatiques enrôlées de forces dans des bordels militaires nippons durant la dernière guerre.

La plupart des historiens évaluent leur nombre jusqu'à 200.000.

Le Japon a admis sa responsabilité à ce sujet en 1993, via la "déclaration Kono", du nom du secrétaire général du gouvernement de l'époque (l'équivalent alors du numéro deux du Premier ministre), qui avait fait part des "excuses" et des "remords" de son pays.

Mais le 27 février dernier, l'actuel secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, avait annoncé que les autorités allaient réétudier les témoignages des Coréennes ayant servi de base à la déclaration Kono, laissant penser que Tokyo envisageait de revoir ces excuses.

Finalement Shinzo Abe avait assuré le 14 mars dernier la semaine dernière n'avoir absolument pas l'intention d'atténuer les excuses officielles présentées en 1993 par le Japon.

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