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Six ans de prison pour l'auteur d'une tentative d'enlèvement à Outremont

21/03/2014 07:25 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

Une histoire comme on en voit peu devant nos tribunaux vient de connaître son dénouement. Chiheb Battikh, 52 ans, qui avait planifié l'enlèvement du petit-fils d'un milliardaire québécois, en décembre 2012, a plaidé coupable cet après-midi et il a écopé d'une peine de six ans de prison.

Un texte de Isabelle Richer Twitter Courriel

L'homme, qui éprouvait des ennuis financiers, avait l'intention de demander une rançon de 500 000 $ à la richissime famille de la victime.

Incarcéré depuis le 19 décembre 2012, Chiheb Battikh a finalement accepté de reconnaître sa responsabilité à des accusations d'enlèvement, de séquestration et de voies de fait. La poursuite et la défense ont recommandé à la juge Louise Villemure une peine de six ans de prison, de laquelle la cour a soustrait le temps déjà purgé, soit un an et trois mois.

L'agression a laissé des souvenirs douloureux au père et à son petit garçon.

Avant d'imposer la peine, la juge Villemure a souligné qu'il s'agissait d'un crime gratuit et extrêmement grave. Elle a salué le courage et l'instinct de ce père de famille qui a eu la force de résister à son agresseur, tout en évitant le pire à son fils.

Chronologie de l'agression

Le 19 décembre 2012, en fin de journée, le père de l'enfant est allé chercher son fils de trois ans à la garderie et l'a ramené à la maison, en traîneau, en passant par le parc F.X. Garneau, à Outremont. Il avait remarqué qu'un homme le suivait. Il s'est retourné pour le laisser passer. L'homme en question, Chiheb Battikh, tenait un objet dans sa main droite qu'il a caché derrière son dos.

Quelques instants plus tard, le père s'est retourné à nouveau et, sans qu'il comprenne ce qui lui arrivait, il a reçu des coups au visage et à la tête.

Chiheb Battikh s'est servi d'un pistolet à impulsion électrique pour tenter de neutraliser le père, mais il l'a atteint à l'oreille et à la gorge sans grand résultat. Battikh s'est alors rué sur sa victime pour le rouer de coups.

Le père a feint d'être blessé pour se débarrasser de l'individu, qui s'est emparé et s'est enfui en courant. Il s'est relevé, l'a rattrapé et il est parvenu à arracher l'enfant de son agresseur. 

Plusieurs témoins ont entendu les cris du père et de l'enfant. Un citoyen s'est précipité pour venir prêter main-forte à la victime. Il a finalement réussi à maîtriser Chiheb Battikh.

L'agresseur lourdement armé

Appelés sur les lieux, les policiers ont immédiatement arrêté l'agresseur et ont trouvé sur lui un pistolet électrique, du gaz poivre, ainsi qu'une clé de voiture de marque Honda. Le véhicule était garé tout près, sur la rue Elmwood qui borde le parc.

Dans le coffre arrière, les policiers ont découvert un couteau à lame rétractable, du ruban électrique et des attaches de plastique. Ils ont également saisi une mallette qui contenait une tablette électronique et deux autres bonbonnes de gaz poivre.

Les policiers ont aussi constaté que la voiture était munie d'une fausse plaque minéralogique.

Des ennuis financiers

Interrogé par les enquêteurs, Chiheb Battikh a d'abord donné des versions contradictoires, prétendant que le père de l'enfant l'avait attaqué.

Puis, il a fini par admettre qu'il éprouvait de graves ennuis financiers. Il s'est endetté et il n'arrivait plus à subvenir aux besoins de sa femme et de ses cinq enfants.


M. Battikh avait accumulé des dettes de 25 000 $ sur ses cartes de crédit.

L'ingénieur en informatique, qui a suivi un cours en finance, a aussi confié aux policiers avoir investi autour de 250 000 $ appartenant à ses proches, mais les résultats ont été décevants.

Un crime prémédité

Acculé au pied du mur, il a tenté d'élaborer un plan pour se sortir de l'embarras. En faisant des recherches sur Internet, il a repéré une personnalité milliardaire et, grâce à des recoupements, il a découvert où habitaient sa fille et le mari de celle-ci. Sachant que le couple avait un jeune enfant, M. Battikh a commencé à planifier son crime pendant quelques semaines avant de passer à l'acte.

Il a espionné les allées et venues du couple en question, observant leurs habitudes et leurs déplacements. Le matin du 19 décembre, il s'est posté près de la résidence et il a vu la mère aller reconduire son fils à la garderie, sur la rue de L'Épée.

Chiheb Battikh a ensuite interrompu son observation pour se rendre au Carrefour Laval, où il a volé une plaque d'immatriculation qu'il a installée sur sa voiture.
Vers 13 h, il s'est dirigé à nouveau vers la garderie, attendant le retour de la mère, où il a constaté que c'était le père qui venait chercher l'enfant.

Il a avoué aux policiers s'être procuré le pistolet électrique à Burlington pour la somme de 80 $ et le gaz poivre, sur Internet.

L'agresseur comptait garder l'enfant dans sa voiture et espérait obtenir la rançon d'un demi-million de dollars dans les 24 heures. Il espérait ainsi régler tous ses ennuis financiers.