DIVERTISSEMENT

Gary Numan en spectacle à Montréal : un nouvel homme

21/03/2014 11:27 EDT | Actualisé 21/03/2014 12:02 EDT
Courtoisie

Gary Numan revient de loin. Il sera au Café Campus de Montréal le 25 mars pour présenter son nouvel album Splinter et bien sûr interpréter les classiques de ses débuts.

Gary Numan est un artiste prolifique. Ce pionnier de la musique électro-rock/pop/goth et auteur des hits Cars et Are Friends Electric? à la fin des années 70 a fait paraître plus de cent albums (studio, live, EP et singles) en quelques trente-cinq années de carrière. Durant les années 80 et début 90, c’était à raison d’au moins un album par an! Pourtant, Gary Numan a mis sept ans avant de sortir son tout dernier Splinter (Songs From A Broken Mind), disque qui était déjà annoncé pour 2008.

“J’ai mis trop de temps, c’est bête”, lance Gary Numan de son autobus de tournée quelque part sur une route des États-Unis. “Il y a plusieurs raisons mais c’est surtout parce que j’ai été en dépression. Le fait que j’ai eu trois enfants durant les années 2000, que ma femme a eu une longue dépression post-partum… Toute cette pression m’est tombée dessus”, résume le chanteur britannique. Réputé pour être bref et parfois bête en entrevue, Gary Numan est plutôt affable et sympathique, dévoilant des détails de sa vie privée sans pudeur.

gary numan


“Un jour j’ai complètement flippé. Tout s’est écroulé en une seule journée. Je me voyais vieillir, je venais d’avoir 50 ans, je voyais mes parents dont je suis très proche vieillir, je me suis mis à avoir peur de la mort. Tout ça est arrivé en même temps. Et j’ai enduré ça pendant un bon moment avant d’être diagnostiqué et traité. Sauf que les traitements pour la dépression sont affreux. Tout t’indiffère. Rien ne t’atteint. Tu vis dans une bulle d’insouciance et durant cette période il m’était impossible de composer quoi que ce soit. Je ne faisais que me laisser porter par la vie, complètement déconnecté de la réalité jusqu’au jour où j’ai réalisé que ma carrière et mon mariage foutait le camp… J’ai donc graduellement arrêté les médicaments et je me suis remis à écrire. C’est pourquoi Splinter tourne beaucoup autour de la dépression. Donc c’est dans le fond grâce à cette période très sombre de ma vie que j’ai pu composer ce disque.”

Splinter est un album dense, souvent lourd et sinistre mais toutefois ponctué de moments plus calmes. “Même si Splinter traite de la dépression, ce n’est pas pour autant une expérience déprimante et misérable. Au final, Splinter est un disque plus positif qu’il n’en a l’air. C’est parfois agressif et puissant mais c’est très émouvant. Il y a des chansons qui sont très douces et jolies là-dessus”, tient à préciser Numan. “Reste que c’est probablement mon disque le plus sombre et heavy depuis un moment!”

Splinter a été plutôt favorablement reçu par la presse spécialisée et s’est même bien classé dans le palmarès britannique. Après ce long passage à vide loin du succès commercial, Gary Numan semble avoir retrouvé un deuxième souffle. “Je suis franchement épaté par les réactions positives. Parce que j’étais vraiment inquiet, ça me stressait beaucoup, au point où je me suis dit que si cet album là ne fonctionnait pas je mettrais un terme à ma carrière”, admet le musicien. “Donc vu que l’album démarrait bien, on a décidé d’étendre la durée de la tournée. On veut donner une chance à ce disque. Le concert est donc concentré sur Splinter avec neuf titres (sur les douze que contient l’album) et le reste est surtout constitué de mes plus vieux morceaux, en particulier les albums Replicas et Pleasure Principle. Pour être franc, je ne joue presque rien de ce que j’ai fait entre ces disques et Splinter. Les autres morceaux que je joue sont ceux qui ont été repris par Foo Fighters, NIN, Marylin Manson ou Fear Factory et qui sont donc possiblement plus connus par le public actuel. On essaye de faire un set qui soit une expérience très heavy, puissante et sombre”.

Extrait du show actuel

http://www.youtube.com/watch?v=4iRoFxYbtBs

Album Splinter

http://www.youtube.com/watch?v=gOK0IyF4Dxc

Trafic d’influences

La première chose que l’on remarque à l’écoute de Splinter est cette similitude avec NIN. D’ailleurs Robin Finck, guitariste attitré de Trent Reznor, collabore à quatre titres sur Splinter. Si il se dit aujourd’hui influencé par le travail de NIN, Gary Numan a tout de même servi d’inspiration pour l’auteur de Closer (Reznor l’a d’ailleurs invité plusieurs fois sur scène), sans compter tous les autres qui se réclament de sa musique, des Foo Fighters à Marylin Manson en passant par Beck, Tricky ou Basement Jaxx. Mais qui a influencé Gary Numan à ses débuts vers la fin des années 70? “J’aimais beaucoup un groupe nommé Ultravox, surtout lorsque John Foxx en faisait partie. Ils faisaient très bien ce que j’essayais de faire en mélangeant les synthés avec les guitares et la batterie. Ils étaient géniaux et je me motivais à être aussi bon qu’eux.”

Ultravox “Dislocation”

http://www.youtube.com/watch?v=Qmny4LSjDgU

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