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Cimenterie de Port-Daniel : pas de traitement de faveur, se défend Marois

21/03/2014 12:45 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, se défend de favoriser la famille Beaudoin, de la société Bombardier, avec le projet de cimenterie de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie.

« Ni la famille Beaudoin ni les investisseurs qui les accompagnent n'ont eu quelques faveurs que ce soit », a affirmé Mme Marois en marge d'un point de presse à Longueuil, vendredi.

En janvier dernier, la première ministre sortante annonçait l'injection de quelque 450 millions du gouvernement, d'Investissement Québec et de la Caisse de dépôt dans ce projet évalué à 1 milliard de dollars.

Des gens d'affaires et des groupes environnementaux soupçonnent le gouvernement d'accorder un traitement de faveur à la famille Beaudoin, qui est derrière le projet, autant par les aides gouvernementales que par des passe-droits en matière d'environnement.

Les quatre cimenteries existantes au Québec plaident qu'elles fonctionnent déjà qu'à 60 % de leur capacité et dénoncent que de l'argent public sert à leur couper l'herbe sous le pied.

De plus, elles trouvent inéquitable que la cimenterie McInnis soit la seule qui bénéficiera d'un tarif préférentiel pour son électricité et d'un congé d'impôt de 10 ans sur ses profits, tel qu'annoncé dans le dernier budget Marceau.

Avant le débat des chefs jeudi soir, des travailleurs de l'industrie de la cimenterie, qui craignent des pertes d'emplois, ont manifesté devant la tour de Radio-Canada à Montréal pour sensibiliser les différents partis. 

« Je crois que pour les Gaspésiens, c'est une très bonne nouvelle », a défendu vendredi Mme Marois. La cimenterie McInnis doit créer 400 emplois.

Selon la chef péquiste, plusieurs cimenteries risquent de fermer aux États-Unis en raison de nouvelles normes environnementales et la cimenterie de Port-Cartier vise justement le marché de la côte est américaine.

Par ailleurs, fait valoir Mme Maros, une étude du Conference Board du Canada cite le projet de cimenterie de Port-Daniel comme un des investissements majeurs qui aidera à créer des emplois au Québec. « Ça doit pas être un trop mauvais choix. »

La cimenterie échappe à une évaluation environnementale

Mais ce qui dérange aussi, c'est que la cimenterie McInnis échappe à des audiences publiques sur l'environnement, même si elle deviendra l'un des plus gros pollueurs au Québec.

Mme Marois maintient que le projet respecte les lois et règlements. La cimenterie est un vieux projet qui remonte à 1995, soumis quelques mois avant que la loi n'impose des audiences publiques. Même si le projet a doublé de taille depuis, son âge le protège.

Mme Marois fait aussi valoir que la cimenterie « utilisera les technologies les plus avancées en matière d'émissions de gaz à effet de serre et de protection de l'environnement ».

Le PLQ dit oui, la CAQ dit non

Si le chef libéral Philippe Couillard donne son appui au projet parce qu'il veut « des jobs pour les Gaspésiens », la Coalition avenir Québec s'y oppose fermement. « J'aime bien les Gaspésiens, mais je n'aime pas le gaspillage », a dit François Legault lors du débat.

Il a indiqué vendredi qu'un gouvernement caquiste tenterait d'annuler cet investissement de près de 450 millions de dollars.

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