NOUVELLES

Standard & Poor's envisage d'abaisser la note de la Russie à cause de l'Ukraine

20/03/2014 02:15 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

L'agence d'évaluation Standard & Poor's a abaissé jeudi à "négative" la perspective de la note de solvabilité de la Russie en raison des risques liés aux sanctions occidentales contre Moscou après le rattachement de la Crimée.

Ce changement de perspective signifie que l'agence pourrait abaisser prochainement la note de la Russie, fixée pour l'instant à "BBB", ce qui correspond à un émetteur de qualité moyenne mais en mesure de faire face à ses obligations de manière adéquate.

"Le renforcement des risques géopolitiques et la perspective de sanctions économiques (...) pourraient réduire les flux d'investissements et accroître les fuites de capitaux, affaiblissant ainsi encore la performance économique de la Russie, déjà en cours de détérioration", explique l'agence dans un communiqué.

Cette annonce intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé jeudi l'élargissement de la liste de personnalités russes visées par des sanctions et averti qu'ils pourraient s'en prendre à des "secteurs clés" de son économie. L'Union européenne a aussi indiqué qu'elle rajouterait des noms à sa liste de responsables russes sanctionnées.

"Selon nous, la situation géopolitique a déjà eu un impact négatif sur l'économie russe", indique S&P, soulignant que la fuite des capitaux au premier trimestre 2014 était estimé à environ 60 milliards de dollars, soit l'équivalent du chiffre pour l'ensemble de 2013.

Alors que la croissance économique s'est établie l'an dernier à 1,3%, elle pourrait tomber en dessous de 1% cette année "si les incertitudes dues aux tensions géopolitiques ne disparaissent pas rapidement", estime l'agence.

"Il y a un risque que le conflit entre la Russie et l'Ukraine s'étende au-delà de la Crimée et que les violences entre manifestants pro et anti-Russes se répandent à d'autres villes en Ukraine de l'Est", craint-elle, estimant que cela donnerait lieu à des nouvelles sanctions aggravant encore la situation économique de la Russie.

gmo-edy/jeb

PLUS:hp