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Sarkozy rejette en bloc toutes les accusations de corruption le visant

20/03/2014 02:56 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a rejeté en bloc jeudi les accusations de corruption le concernant, dans une tribune au journal Le Figaro, sa première réaction à toutes les affaires dans lesquelles il est cité.

"Il est aujourd'hui de mon devoir de rompre ce silence. Si je le fais, c'est parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupules sans précédent", affirme Nicolas Sarkozy, en dénonçant notamment sa mise sur écoutes par des juges et celle de son avocat.

"Je refuse que la vie politique française ne fasse place qu'aux coups tordus et aux manipulations grossières", insiste-t-il.

"Toute personne qui me téléphone doit savoir qu'elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n'est pas un extrait du merveilleux film +La vie des autres+ sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi. Il s'agit de la France", souligne l'ex-chef d'Etat.

"Qui aurait pu imaginer que dans la France de 2014, le droit au respect de la vie privée serait bafoué par des écoutes téléphoniques? Le droit au secret des conversations entre un avocat et son client volontairement ignoré? (...) La présomption d'innocence désacralisée? La calomnie érigée en méthode de gouvernement? La justice de la République instrumentalisée par des fuites opportunément manipulées?", poursuit Nicolas Sarkozy, dont la tribune diffusée par Le Figaro sur son site internet survient à trois jours d'élections municipales en France.

En dépit de l'activisme de certains magistrats à son endroit, l'ancien président dit garder "confiance dans l'institution judiciaire, dans l'impartialité de l'immense majorité des juges, dans la capacité de la justice à ne pas se laisser instrumentaliser".

Il s'en prend au passage au gouvernement socialiste de François Hollande, ironisant sur les ministres de la Justice (Christiane Taubira) et de l'Intérieur (Manuel Valls) qui "n'étaient pas au courant" de sa mise sur écoutes téléphoniques.

L'ex-chef d'Etat (2007-2012), cité dans une demi-douzaine d'affaires, critique aussi le harcèlement de la Justice, citant quatre perquisitions en vingt mois et le fait d'avoir "été interrogé durant vingt-trois heures" alors qu'il était suspecté "d'avoir profité de la faiblesse d'une vieille dame" (la milliardaire Liliane Bettencourt). "Des milliers d'articles rédigés à charge ont été publiés. Sur le sujet, que reste-t-il de cette boue complaisamment répandue? Rien si ce n'est une décision de non-lieu".

A propos de l'affaire du financement présumé de sa campagne électorale de 2007 par des fonds libyens, Nicolas Sarkozy souligne qu'il n'y a pas "l'ombre d'une preuve". "On a parlé d'un virement de 50 millions d'euros!". Or "la justice n'a trouvé ni virement, ni banque de départ, ni banque d'arrivée", note-t-il.

L'ancien président, qui reste flou depuis 2012 sur son avenir et laisse dire depuis des mois à ses proches qu'il piaffe d'impatience à l'idée de revenir sur la scène politique française, souligne enfin que telle n'est pas son intention "aujourd'hui". "Contrairement à ce qui s'écrit quotidiennement, je n'éprouve nul désir de m'impliquer aujourd'hui dans la vie politique de notre pays", assure-t-il.

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