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RDCongo: la Banque mondiale débloque une aide pour un projet de centrale

20/03/2014 02:03 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

La Banque mondiale (BM) a annoncé jeudi avoir approuvé une aide de 73,1 millions de dollars pour soutenir la construction d'une vaste centrale hydroélectrique en République démocratique du Congo (RDC) en gestation depuis plus de dix ans.

Mi-février, le conseil d'administration de l'institution avait repoussé les discussions sur ce projet qui suscite des craintes de la société civile congolaise.

Les 73,1 millions de dollars débloqués jeudi permettront d'apporter une "aide technique" pour le projet de barrage hydroélectrique Inga III, situé sur le fleuve Congo, a indiqué la Banque mondiale dans un communiqué.

A terme, l'ouvrage devrait permettre à la RDC de produire 4.800 MW supplémentaires, l'équivalent de trois réacteurs nucléaires de troisième génération.

"En participant au développement du projet Inga 3 BC dès ses débuts, nous pouvons contribuer à faire en sorte qu'il soit correctement exécuté et qu'il change ainsi la donne en fournissant de l'électricité à des millions de personnes tout en soutenant l'activité commerciale et industrielle", a indiqué Makhtar Diop, vice-président de la BM pour l'Afrique, cité dans le communiqué.

Le Premier ministre congolais Matata Ponyo Mapon s'est aussitôt réjoui du feu vert de la Banque, saluant dans un communiqué un "signal fort envoyé à l'ensemble de la communauté internationale".

Le projet Inga III, dont la construction doit commencer fin 2016, a été relancé par la promesse faite par l'Afrique du Sud d'acheter plus de la moitié de la production du futur barrage, garantissant sa viabilité financière.

Sur ce que laisseront les Sud-Africains, Kinshasa prévoit que quelque 1.300 MW seront destinés aux industries minières du Katanga (sud-est de la RDC), dont le développement est limité par le manque d'énergie disponible.

Le reste de la production du barrage serait dévolu à la population congolaise, dont 9% seulement dispose aujourd'hui d'un accès à l'électricité.

Fin janvier, douze ONG congolaises avaient adressé une lettre aux administrateurs de la Banque mondiale mettant en doute la capacité de ce projet de combler le "fossé énergétique" en RDC et redoutant son impact sur les populations locales, dont la survie repose "entièrement" sur le fleuve Congo.

Le coût total du projet (à partager entre le secteur public et le secteur privé) est évalué à 12-12,5 milliards de dollars (8,5 milliards pour la construction, plus les frais financiers).

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