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Milan-Sanremo - On ne touche pas aux monuments!

20/03/2014 06:26 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

Anciens et modernes sont d'accord dans le peloton, à l'image de deux Français, l'expérimenté Sylvain Chavanel et le tout jeune Romain Bardet: on ne touche pas aux monuments que sont les grandes classiques d'un jour, ou alors par petites touches.

L'appellation a été officialisée à la fin des années 1980, quand l'Union cycliste internationale (UCI) a établi une hiérarchie des courses. Cinq classiques (Milan-Sanremo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Tour de Lombardie) ont reçu le label "monument" du cyclisme. A charge pour elles d'être dignes d'un héritage prestigieux, souvent centenaire.

Si leur habillage a été modernisé, surtout pour le Tour des Flandres dont le départ sur la Grand-Place de Bruges donne lieu à un vrai spectacle, les parcours n'ont été retouchés que modérément. A chaque fois, les modifications ont donné lieu à contestations, souvent à polémiques.

Le Tour des Flandres a délaissé depuis deux ans le mur de Grammont, l'une de ses côtes légendaires, pour pouvoir arriver à Audenarde, où bat le coeur du cyclisme flamand, plutôt que dans l'anonyme bourgade de Meerbeke. Milan-Sanremo a envisagé d'ajouter cette année une nouvelle côte dans le final, avant de revenir à son parcours initial à cause de problèmes de voirie.

- 'Des lieux cultes' -

"Il ne faut pas dénaturer les classiques, estime Romain Bardet, jeune talent (23 ans) représentant l'avis dominant dans le peloton. C'est important de présenter d'une année à l'autre un parcours similaire". Et de prendre l'exemple de Liège-Bastogne-Liège: "La Redoute, Saint-Nicolas, ce sont des endroits stratégiques, des lieux cultes. C'est là que les grands champions se sont étalonnés".

Son aîné Sylvain Chavanel, 34 ans, confirme: "Si on veut poursuivre l'histoire, il ne faut pas chambouler le parcours. Sinon, on repart sur une autre course. Mais, bien sûr, on peut évoluer".

L'histoire rappelle que le mur de Grammont (Tour des Flandres), la trouée d'Arenberg (Paris-Roubaix), deux secteurs emblématiques, ont parfois été délaissés. Sans que le prestige des deux classiques ait été pour autant terni.

Dans Milan-Sanremo, le Poggio, à la fin des années 1950, la Cipressa, une vingtaine d'années plus tard, ont été ajoutés au parcours afin de durcir la course. A chaque fois, les routiers-sprinteurs ont fini par s'adapter à la nouvelle donne pour garder la "classicissima" à portée de guidon.

Qu'en aurait-il été de la Pompeiana, la nouvelle côte dénichée par les organisateurs? Les sprinteurs s'étaient convaincus que cette difficulté, placée au seuil des 20 derniers kilomètres, allait leur être fatale. Sa suppression du parcours a fait quelques heureux. A commencer par l'Allemand Andre Greipel, qui a changé son programme. Il sera dimanche au départ de la Primavera.

jm/gv

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