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Le pétrole recule à New York, malgré les tensions accrues sur l'Ukraine

20/03/2014 03:34 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

Les cours du pétrole sont repassés sous le seuil des 100 dollars jeudi à New York, fragilisés par un dollar fort malgré la persistance de risques géopolitiques et une nouvelle montée des tensions dans la crise ukrainienne.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril, dont il s'agissait du dernier jour de cotation, a glissé de 94 cents, à 99,43 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

"Le marché a eu la gueule de bois après les annonces de la Fed" (la Réserve fédérale américaine) mercredi et de sa présidente, Janet Yellen au cours d'une conférence de presse, a relevé Matt Smith, de Schneider Electric.

Mme Yellen "a surpris en laissant entendre que le resserrement des taux d'intérêt pourrait intervenir bien plus tôt que prévu, ce qui a provoqué une hausse du dollar (et) sur l'ensemble des matières premières, dont le pétrole", a précisé John Kilduff, de Again Capital.

Le dollar a atteint jeudi son plus haut niveau en deux semaines face à l'euro.

Or, la hausse du billet vert pèse sur l'appétit des acheteurs en actifs libellés dans cette monnaie, comme l'or noir, pour les acheteurs munis d'autres devises.

Mme Yellen a indiqué qu'il pourrait être nécessaire de remonter les taux d'intérêt "environ six mois" après la fin des dernières injections de liquidités de la Fed, suggérant un resserrement dès la mi-2015.

D'autre part, "il y a eu des développements très intéressants aujourd'hui" sur la crise ukrainienne, a relevé Bob Yawger, de Mizuho Securities.

Le ton s'est encore durci dans la crise ukrainienne entre les Occidentaux et la Russie: le président Barack Obama a annoncé de nouvelles mesures punitives contre le pays, qui a publié sa propre liste de sanctions contre des responsables américains quelques minutes seulement après.

Les nouvelles sanctions américaines visent notamment le milliardaire Gennady Timtchenko, le cofondateur de la société de commerce d'hydrocarbures Gunvor, basée en Suisse.

"Cela pourrait jouer sur le marché" de l'énergie. (...) Mais c'est surtout un geste symbolique" envers la Russie et ses oligarques, a estimé M. Smith.

Les sanctions n'ont jusqu'ici pas perturbé les secteurs du pétrole et du gaz mais certains craignent une escalade, selon des analystes.

La baisse des prix a cependant été limitée par l'annonce mercredi par le département américain à l'Énergie (DoE) d'une baisse des stocks du terminal de Cushing (Oklahoma, centre-sud), pour la septième semaine consécutive. Le terminal pétrolier contient l'or noir qui sert de référence au WTI.

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