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La Russie publie sa propre liste de sanctions contre des responsables américains

20/03/2014 01:26 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

Moscou a publié jeudi sa propre liste de sanctions contre des responsables américains, aussitôt après l'annonce par le président américain Barack Obama de nouvelles sanctions contre Moscou en représailles au rattachement de la Crimée à la Russie.

Montrant que la Russie n'entendait pas se laisser impressionner, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a, pour sa part, averti son homologue américain, le secrétaire d'Etat John Kerry, que Moscou ne reviendrait pas sur sa décision.

"Qu'il n'y ait aucun doute: à chaque acte hostile, nous répondrons de manière adéquate", a prévenu le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Nous n'avons cessé d'avertir que l'emploi de sanctions est à double tranchant et touchera les Etats-Unis eux-mêmes comme un boomerang", a-t-il ajouté, estimant que cette manière d'agir était "mal à propos et contre-productive".

La liste russe vise neuf personnes à qui l'entrée en Russie est désormais interdite.

Elle concerne trois conseillers de M. Obama, Caroline Atkinson, Daniel Pfeiffer et Benjamin Rhodes.

Le chef de la majorité démocrate Harry Reid, le chef républicain de la Chambre John Boehner, le président de la commission des Affaires étrangères au Sénat, Robert Menendez, ainsi que le sénateur conservateur John McCain, la sénatrice démocrate Mary Landrieu et le sénateur Daniel Coats sont aussi visés.

Cette liste a été publiée juste après que M. Obama a annoncé l'imposition de sanctions contre 20 nouveaux responsables russes et une banque, "Bank Rossiya".

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé que le principe même de listes de sanctions était "inacceptable".

"Quels que soient les noms de familles qui figurent dans cette liste, la pratique consistant à faire des listes est pour nous inacceptable", a-t-il dit, cité par l'agence Interfax.

Evoquant le cas du chef de l'administration présidentielle russe Sergueï Ivanov, il a indiqué que celui-ci prenait l'affaire avec humour.

"Dans sa précédente vie professionnelle, en 20 ans et quelque de services (...) au KGB, puis au service des renseignements extérieurs, la plupart des pays occidentaux lui avaient déjà fermé leurs portes pour son activité, donc il a déjà l'habitude", a-t-il souligné, cité par l'agence Ria-Novosti.

Lors d'une conversation téléphonique avec M. Kerry, M. Lavrov a indiqué que Moscou ne reviendrait pas sur le rattachement de la Crimée à la Russie, dont le traité a été ratifié dans la journée par la Douma (chambre basse du parlement).

"Sergueï Lavrov a souligné que la décision de rattacher la Crimée à la Russie, résultat de l'expression de la volonté de la majorité absolue de ses habitants, ne serait pas reconsidérée et devait être respectée", selon un communiqué de la diplomatie russe.

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