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Ecoutes: violente contre-attaque de Nicolas Sarkozy

20/03/2014 05:14 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

En pleine tourmente judiciaire, l'ancien président français Nicolas Sarkozy a riposté jeudi avec vigueur pour dénoncer "des principes de la République foulés au pied" en s'attaquant aux juges et évoquant des méthodes de la Stasi.

Dans sa première réaction publique aux révélations sur son éventuelle implication dans une affaire de trafic d'influences, M. Sarkozy, écrit dans une tribune à paraître vendredi dans Le Figaro qu'il rejette en bloc ces accusations et celles pesant sur lui dans d'autres affaires. Il y évoque aussi une instrumentalisation de la justice.

L'ancien président n'a pas pris la parole officiellement depuis l'été 2012 - à l'époque sur la Syrie - , même si ses apparitions publiques et les confidences distillées par certains proches alimentent régulièrement la chronique d'un retour sur la scène politique.

Tout en assurant dans cette tribune n'avoir "nul désir de s'impliquer aujourd'hui dans la vie politique de notre pays", il explique avoir rompu son silence, "parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent".

M. Sarkozy est visé par une information judiciaire ouverte le 26 février par le parquet national financier pour trafic d'influence et violation du secret professionnel. Pendant plus de six mois, il a été mis sur écoute, dans la cadre d'une instruction en cours sur des soupçons de financement de la campagne présidentielle de 2007 par l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

"Les juges entendent les discussions que j'ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L'ensemble fait l'objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui en sont les destinataires!", lance-t-il.

Les juges en charge de l'enquête cherchent à déterminer si un haut magistrat, Gilbert Azibert, a pu user de son influence à son profit sur une décision concernant la saisie des agendas de l'ancien président par la justice.

Des extraits de ces écoutes, diffusés par le site d'information en ligne Mediapart, ont renforcé les soupçons pesant sur Sarkozy et son avocat Thierry Herzog a annoncé le dépôt d'une plainte pour violation du secret de l'instruction.

- "Il s'agit de la France" -

"Ce n'est pas un extrait du merveilleux film +La Vie des autres+ sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi. Il ne s'agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l'endroit de ses opposants. Il s'agit de la France", s'insurge-t-il, en ironisant sur les déclarations des ministres de la Justice et de l'Intérieur, Christiane Taubira et Manuel Valls, disant ne pas avoir été au courant.

M. Sarkozy, qui fait état de "quatre perquisitions" en 20 mois, "23 heures d'interrogatoire" et "des milliers d'articles rédigés à charge" à son encontre, s'en prend aux magistrats enquêtant sur son compte. Mais il affirme garder "confiance dans l'institution judiciaire", "dans l'impartialité de l'immense majorité des juges".

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a qualifié de "grave faute morale" la mise "en cause de l'honneur de la justice et de la police" et a estimé "que la comparaison entre la République française et l'Allemagne de l'Est est insupportable".

La ministre de la justice Christiane Taubira, a rappelé que "dans un Etat de droit, la mise en oeuvre de la loi prévoyant les interceptions judiciaires par des juges indépendants ne peut pas être comparée aux pratiques à l'oeuvre dans des régimes autoritaires ou totalitaires".

Son homologue de l'Intérieur a accusé jeudi soir M. Sarkozy de s'en prendre "au fondement même de l'Etat de droit". "Assimiler la justice et la police à la Stasi, l'ex police secrète, cela disqualifie les critiques de Nicolas Sarkozy", selon le ministre Manuel Valls.

Le président du parti UMP (droite) a en revanche estimé que la tribune est "une réponse courageuse, forte et indispensable aux accusations incessantes et violentes dont Nicolas Sarkozy fait l'objet de la part du gouvernement et de certains organes de presse".

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