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Venezuela : "Ils ne me feront pas taire" (députée opposante)

19/03/2014 06:50 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Une député vénézuelienne de l'opposition que la majorité chaviste veut poursuivre notamment pour "homicide" et "incitation à la violence", a refusé de se soumettre et affirmé mercredi sur son Twitter qu'elle entendait poursuivre son action.

"S'ils croient qu'en me menaçant ou levant mon immunité ils vont me faire taire, ils ne me connaissent pas", a-t-elle écrit.

La Chambre des députés, majoritairement favorable au président socialiste Nicolas Maduro, a voté mardi soir une résolution demandant que Maria Corina Machado, ingénieure de 46 ans, soit poursuivie en justice pour "incitation à la violence, trahison, terrorisme et homicide" pour son rôle dans les manifestations anti-gouvernementales qui agitent le pays depuis début février.

Mme Machado est partie prenante du mouvement radical nommé "La Salida" ("La Sortie"), qui vise à faire tomber le président Maduro en faisant pression dans la rue en relayant la contestation étudiante entamée le 4 février d'abord contre l'insécurité puis l'inflation, les pénuries, les abus policiers...

Ses avocats ont dénoncé mercredi devant le parquet général les "écoutes illégales" présentées par la majorité à l'Assemblée pour appuyer sa demande de mise en accusation.

Si le parquet décidait d'ouvrir une enquête, il devrait en raison de son immunité parlementaire en référer au Tribunal suprême de justice qui disposerait alors de 30 jours pour la renvoyer éventuellement devant la justice, a expliqué à l'AFP l'un de ses défenseurs, Me José Amalio Graterol.

Un autre des meneurs les plus virulents du mécontentement, le fondateur du parti Volonté populaire (droite) Leopoldo Lopez, est incarcéré depuis un mois, notamment pour incitation à la violence et dégradations.

Carlos Vecchio, autre dirigeant du même parti, est en fuite, recherché par la justice pour les mêmes motifs.

Sur le terrain, la contestation, qui a fait officiellement 29 morts et près de 400 blessés, perd de l'ampleur, en particulier depuis que le gouvernement a déployé ces derniers jours la police et l'armée pour reprendre des bastions de l'opposition, comme le quartier huppé de Chacao, dans l'est de Caracas.

"Je ne crois pas que les gens soient fatigués de protester. Je resterai dans la rue les mois qu'il faudra (...) Je crois que le mécontentement s'exprime autrement et d'autres personnes manifestent, des mères, des grands-mères, des tantes, des gens qui ne sont pas étudiants", a témoigné auprès de l'AFP Vilma Molina, psycho-pédagogue de 53 ans, rassemblée avec une centaine de personne sur la place Altamira, à Chacao, ancien quartier général des protestataires repris par la police.

Dans le centre de Caracas, des enseignants ont protesté contre la détérioration du système éducatif tandis que des membres du parti d'opposition Action démocratique manifestaient devant le ministère de l'Alimentation contre l'instauration d'une nouvelle carte à puce pour acheter des produits dans les supermarchés d'Etat subventionnés.

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