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Papa, tu m'achètes un condo?

19/03/2014 04:37 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Si le prix moyen d'un logement est de 316 100 $ au Canada, il est de 237 900 $ à Montréal et de 506 500 $ à Vancouver. Des disparités régionales majeures qui poussent de plus en plus de futurs acheteurs à adopter presque le même comportement : demander l'aide de papa et maman pour un sérieux coup de pouce financier.

Un texte de Frédéric Arnould Twitter Courriel

Selon une enquête de la maison Pollara pour la Banque de Montréal, une fois encore, le budget moyen pour acheter une première maison au Canada a augmenté de 6 % par rapport à l'année dernière pour se situer à un peu plus de 316 000 $.

Les résidents de Toronto, Vancouver et Calgary, les trois villes qui ont le vent en poupe au pays, doivent évidemment débourser bien davantage que la moyenne. Pour faire face à cette dépense, probablement la première plus importante de leur vie, ces jeunes acheteurs doivent se résoudre à demander une aide financière à leurs parents afin d'alléger, entre autres, la mise de fonds initiale. Au plan national, 30 % de ces acheteurs le font.

À Vancouver, ils sont près de 40 % à vouloir obtenir ce coup de main familial dans le marché le plus cher du Canada.

Les agents immobiliers constatent également cette tendance, surtout depuis que les critères pour obtenir un financement hypothécaire ont été resserrés ces deux dernières années par le gouvernement fédéral.

De plus en plus de premiers acheteurs essaient de faire leur entrée dans le marché immobilier en « investissant » dans la grande région métropolitaine de Vancouver. Il n'est pas rare de voir certains d'entre eux acheter, toujours grâce au coup de pouce de la famille, une propriété à Maple Ridge, à une quarantaine de kilomètres de Vancouver. Ils ont ainsi accès à une résidence plus grande, moins chère et espèrent pouvoir la revendre d'ici deux ou trois ans avec un léger profit pour ensuite se rapprocher de la métropole.

Des sacrifices et de la patience

Ce qui ressort aussi de l'enquête de BMO, ce sont les sacrifices que ces jeunes familles sont prêtes à consentir pour devenir propriétaires. Deux tiers d'entre elles font des économies et réduisent leur train de vie, alors que 57 % n'hésitent pas à retarder de quelques années leur achat à cause de la hausse constante du prix de l'immobilier.

Celles-ci, pour la plupart, n'ont pas réussi à se qualifier pour une hypothèque préapprouvée à cause de leur endettement personnel. La patience est donc de mise pour les jeunes acheteurs qui préfèrent, selon l'enquête, amasser au moins 20 % du coût total d'une propriété, pour éviter de devoir payer l'assurance prêt hypothèque supplémentaire. Une somme malgré tout considérable quand on considère que 20 % de 506 000 $ équivaut à environ 101 000 $. Toute une mise de fonds!

Louer un débarras?

Pour ceux qui doivent encore retarder leur achat, il reste toujours la location. Sur le marché de Vancouver, les petites annonces se multiplient pour louer...un débarras.

Parfois aussi petit que 6 mètres carrés, il y a de la « place » pour un lit, une étagère et, dans le meilleur des cas, une minitable faisant office de bureau. Loyer mensuel? Entre 430 et 600 $. Pour ce prix, vous avez néanmoins accès à la salle d'eau, à la cuisine et même à l'Internet sans fil. C'est le prix pour avoir une « adresse » au centre-ville de Vancouver.

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