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La première banque d'Ukraine suspend ses activités en Crimée

19/03/2014 11:25 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

La première banque ukrainienne, PrivatBank, détenue par un milliardaire, a annoncé mercredi avoir cessé toute opération en Crimée en attendant des éclaircissements sur le statut légal de la péninsule contrôlée par la Russie.

L'établissement a indiqué dans un communiqué avoir fermé ses agences et cessé toute opération sur les comptes "en raison de l'incertitude sur le statut juridique du système bancaire de la péninsule".

"Pour pouvoir de nouveau remplir nos obligations envers nos déposants ukrainiens, il nous faut recevoir des instructions de la part de la Banque nationale d'Ukraine et être informés des règles et des conditions de travail des établissements bancaires en République de Crimée", a expliqué PrivatBank. "Nous ne pouvons pas travailler sans instructions", a ajouté la banque.

En Crimée, qui compte deux millions d'habitants, PrivatBank a comme clients 790.000 personnes privées et 12.000 entreprises. Elle emploie 1.300 personnes sur la péninsule, réparties dans 337 agences.

Toutes les agences étaient déjà fermées mercredi et des foules de déposants inquiets se rassemblaient devant d'autres établissements de la région, qui a adopté mardi le rouble comme monnaie officielle après le plébiscite de dimanche en faveur d'un rattachement à la Russie, a constaté l'AFP.

PrivatBank, première banque d'Ukraine en termes d'actifs, est contrôlée par l'influent oligarque Igor Kolomoïski. Ce dernier a été nommé début mars gouverneur de la région de Dniepropetrovsk (est), par les nouvelles autorités ukrainiennes, qui ont remplacé le gouvernement du président déchu Viktor Ianoukovitch.

Le président russe Vladimir Poutine a critiqué sa nomination et l'a traité d'escroc, l'accusant d'avoir floué le milliardaire russe Roman Abramovitch il y a quelques années. La banque centrale russe a placé la filiale russe de PrivatBank sous la tutelle d'un administrateur provisoire.

La banque centrale ukrainienne a estimé la semaine dernière qu'en cas de rattachement de la Crimée à la Russie, les banques ukrainiennes perdraient des centaines de millions d'euros.

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