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La Fed réduit encore son soutien à l'économie américaine

19/03/2014 02:31 EDT | Actualisé 18/06/2014 04:46 EDT

La banque centrale américaine (Fed) a décidé mercredi de réduire encore son soutien à l'économie américaine en dépit de perspectives de croissance plus sombres en 2014.

A l'issue d'une réunion de deux jours à Washington, le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed a, sans surprise, décidé de diminuer de dix milliards de dollars supplémentaires ses injections mensuelles de liquidités destinées à fluidifier le crédit et à soutenir l'activité.

En ligne avec le mouvement de retrait amorcé en décembre, ses achats mensuels d'actifs, notamment en bons du Trésor américains, seront ramenés à partir de juillet à 35 milliards de dollars, contre 45 actuellement, a décidé le FOMC, présidé pour la deuxième fois par Janet Yellen.

A l'appui de sa décision, la Fed estime que l'activité économique a "rebondi au cours des récents mois" après un premier trimestre où l'économie s'est contractée pour la première fois depuis 2011, en raison de conditions hivernales rigoureuses.

Sans surprise, la Fed a également décidé de conserver à son niveau actuel son taux directeur, maintenu proche de zéro depuis fin 2008.

Une première remontée des taux est attendue pour la mi-2015 et une majorité des participants du FOMC continue de pencher en faveur de cette pour cette , selon les documents publiés mercredi. Mais "il n'y a pas de formule mécanique. Cela dépendra de comment progresse l'économie", a affirmé Janet Yellen lors d'une conférence de presse.

- "Loin du plein emploi" -

"L'inflation continue d'être bien en dessous de notre objectif et nous sommes encore loin du plein emploi", a-t-elle déclaré, soulignant qu'"une politique monétaire hautement accommodante" est encore nécessaire.

Dans son communiqué, la Fed répète simplement que les taux resteront proches de zéro pendant une période "considérable" après la fin de ses rachats d'actifs.

Mme Yellen s'est dite confiante dans le fait que l'inflation "continuera à progresser graduellement au cours des prochaines années vers l'objectif de 2%".

Notant que le taux de chômage avait perdu 0,4 point de pourcentage depuis mars, la patronne de la Fed a toutefois souligné que ce déclin reflétait en partie "l'ombre du chômage ou le découragement" de ceux qui ne cherchent plus de travail et ne sont plus comptés parmi les chercheurs d'emplois.

Comme c'est le cas chaque trimestre, le FOMC a publié ses nouvelles projections économiques, qui font apparaître un regain de pessimisme pour la croissance cette année.

Selon la Fed, le produit intérieur brut du pays (PIB) devrait avoir progressé de 2,1 à 2,3% à la fin 2014 par rapport à l'année précédente, marquant un net fléchissement par rapport à la fourchette de 2,8 à 3,0% envisagée en mars, essentiellement du à la contraction du premier trimestre.

Pour 2015, la Réserve fédérale conserve toutefois à l'identique sa prévision et continue de tabler, comme en mars, sur une croissance échelonnée entre 3,0 et 3,2%.

Sur le front de l'emploi, la banque centrale se montre plus optimiste en prévoyant en 2014 un taux de chômage compris entre 6,0 à 6,1%, contre une précédente fourchette de 6,1% à 6,3%.

Ce taux devrait décliner plus rapidement que prévu en 2015 avec un taux attendu entre 5,4 et 5,7%, contre une précédente estimation de 5,6 à 5,9%.

En mai, le taux de chômage s'établissait à 6,3%, un niveau que le FOMC continue de juger "élevé".

La Fed a par ailleurs laissé quasiment à l'identique ses prévisions d'inflation et s'attend toujours à atteindre son objectif de 2% annuel en 2015.

Le Comité monétaire a relevé dans son communiqué la "lenteur" du marché immobilier, Mme Yellen pointant en conférence de presse les difficiles conditions d'accès au crédit immobilier.

Le cap monétaire fixé mercredi par la Fed a été adopté à l'unanimité par l'ensemble des membres du FOMC, et notamment par le nouveau numéro 2 de la Fed, Stanley Fischer, qui vient d'être confirmé à ce poste par le Sénat américain.

Interrogée sur la crise en Irak, Mme Yellen a estimé que "ces risques géopolitiques" représentaient "un souci potentiel pour les prix et l'approvisionnement en énergie".

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