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Israël attaque des cibles syriennes au Golan

19/03/2014 06:59 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Israël a mené des frappes aériennes contre des cibles syriennes situées au Golan mercredi, en réponse à une attaque qui a blessé quatre soldats israéliens. La situation laisse craindre une escalade de la tension dans cette région frontalière.

Une personne est morte et sept ont été blessées durant l'attaque israélienne, selon les autorités de Damas. Il s'agit de la plus grave crise entre les deux pays en 40 ans, sur les hauteurs du plateau du Golan, dont une partie a été occupée par l'État hébreu lors de la guerre israélo-arabe en 1967.

La Syrie et Israël sont officiellement en état de guerre depuis l'armistice de 1974, mais le secteur de la ligne de cessez-le-feu au Golan était considéré comme étant calme. Il y a certes eu un regain de violence depuis le début du conflit syrien en 2011, mais jusqu'à présent, les violences se limitaient la plupart du temps à des attaques à l'arme légère.

Israël a visé des infrastructures militaires, dont un quartier général, une batterie d'artillerie, et un centre d'entraînement de l'armée syrienne, selon un communiqué militaire. L'attaque se veut une réponse contre une précédente attaque à la bombe qui a blessé quatre parachutistes israéliens dans la partie occupée du Golan, près de la ligne de cessez-le-feu.

« Nous attaquons ceux qui nous attaquent », a averti le chef du gouvernement israélien, Benjamin Nétanyahou. Il a précisé que son pays continuera à interdire le transfert d'armes, faisant allusion aux équipements militaires destinés au Hezbollah libanais, qui combat les rebelles en Syrie.

Le général Amos Yadlin, ancien chef des renseignements militaires, considère que le régime syrien a joué un rôle dans l'attaque contre la patrouille israélienne. « L'attaque était professionnelle, il ne fait aucun doute que les Syriens étaient au courant, et peut-être même qu'ils l'ont menée pour le compte du Hezbollah », a-t-il affirmé.

Le plateau du Golan est sous contrôle syrien, mais certaines zones sont passées aux mains des rebelles, dont des djihadistes. Israël affirme que les hommes du Hezbollah s'y trouvent également.

L'analyste militaire du quotidien Yediot Aharonot, Peter Lerner, estime que les Syriens et le Hezbollah veulent entraîner Israël dans une guerre d'usure à la frontière nord.

À l'étranger, le secrétaire d'État américain, John Kerry a estimé qu'Israël avait le droit de se défendre. La France a condamné l'attaque anti-israélienne et appelé à éviter l'escalade.

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