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France: un média publie la teneur d'écoutes judiciaires de Sarkozy

19/03/2014 06:13 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

La teneur de sept écoutes judiciaires de conversations téléphoniques de Nicolas Sarkozy avec son avocat, potentiellement très compromettantes pour l'ancien président, ont été diffusés par le site internet d'information Mediapart.

Dans ces écoutes de conversations entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog, ce dernier qualifie notamment de "bâtards de Bordeaux" (sud-ouest) les juges qui avaient mis en examen l'ex-président dans le cadre de l'affaire d'abus de faiblesse présumé de la milliardaire Liliane Bettencourt.

Ces écoutes sur la seconde ligne téléphonique de l'ancien président ouverte sous la fausse identité de "Paul Bismuth", entre le 28 janvier et le 11 février, tournent largement autour de la décision de la cour de Cassation attendue en mars concernant les agendas de M. Sarkozy, saisis dans ce dossier dans lequel celui-ci a bénéficié d'un non-lieu.

Les agendas de M. Sarkozy figurent aussi dans la procédure sur l'arbitrage controversé dont a bénéficié en 2008 l'homme d'affaires Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas.

Ils sont aussi susceptibles d'intéresser les juges enquêtant sur des affaires embarrassantes pour l'ancien pouvoir comme les accusations de financement de la campagne de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.

C'est précisément lors d'écoutes dans ce dossier qu'a été interceptée une conversation entre Nicolas Sarkozy et Me Thierry Herzog, qui a donné lieu à l'ouverture, par le nouveau parquet national financier, d'une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction et trafic d'influence.

Comme l'avait révélé le journal Le Monde, la synthèse des retranscriptions de sept écoutes judiciaires obtenues par Mediapart indique qu'un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, renseignait le camp Sarkozy sur les tendances qui se dessinaient à la cour de Cassation.

La lecture des documents publiés par Mediapart "est ahurissante, hallucinante et surtout attristante", a réagi mercredi le premier secrétaire du parti socialiste (au pouvoir), Harlem Désir. L'ancien président et son avocat "apparaissent (dans ces écoutes) tout simplement décidés à faire obstruction à la justice", a-t-il ajouté.

"Ce sont les mots d'un ancien président de la République pris la main dans le sac", écrit Mediapart.

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