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Crimée : Les pro-Russes s'emparent du QG de la marine ukrainienne

19/03/2014 07:32 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

En Crimée, des miliciens prorusses sont passés à l'offensive mercredi en s'emparant du quartier général de la marine ukrainienne, à Sébastopol. Des drapeaux russes ont été hissés sur le site, et des soldats ukrainiens ont été escortés pacifiquement à l'extérieur des bâtiments, désarmés et habillés en civil.

Un porte-parole des miliciens, Igor Eskine, affirme que le chef de la marine ukrainienne Serguiï Gaïdouk a été capturé. « Il a été bloqué et il ne pouvait aller nulle part. Il a été forcé de quitter les lieux et on s'en est emparé », a-t-il déclaré à la presse.

Un autre porte-parole de ces miliciens, Serguiï Bogdanov, avait déclaré un peu plus tôt à l'Agence France Presse que l'opération avait été menée par « environ 200 » personnes. « Certains sont cagoulés. Ils ne sont pas armés et aucun coup de feu n'a été tiré de notre côté », a-t-il dit.

Les photos prises sur place par l'agence Reuters montrent cependant que les miliciens, soupçonnés d'être à la solde de Moscou, sont bel et bien armés. 

Plus tôt dans la matinée, un porte-parole de la marine ukrainienne avait déclaré que des hommes en civil avaient pénétré dans les locaux pour discuter avec les militaires présents. Il avait indiqué qu'aucune violence n'avait été commise par ces hommes, appartenant, selon lui, aux groupes « d'autodéfense » constitués de volontaires soutenant le rattachement de la Crimée à la Russie.

Le Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine a annoncé après la prise du QG de sa marine à Sébastopol qu'il se réunissait pour discuter de « mesures visant à neutraliser les menaces politiques intérieures et étrangères ». Ces réunions sont habituellement suivies par des décrets présidentiels approuvant les conclusions du conseil.

Le nouveau premier ministre de la Crimée, Sergueï Aksionov, a pour sa part annoncé qu'il refuse la visite du ministre ukrainien de la Défense Igor Tenioukh et du vice-premier ministre Vitali Iarema. « Ils ne sont pas les bienvenus en Crimée. Personne ne les laissera entrer, et on les renverra d'où ils viennent », a-t-il déclaré à l'agence russe Interfax.

Le ministre Tenioukh avait affirmé avant ses derniers développements que les forces ukrainiennes ne se retireraient pas de la Crimée, malgré le fait que le président russe Vladimir Poutine a signé un décret intégrant la république autonome à la Russie, dans la foulée du référendum tenu en fin de semaine.

L'objectif de cette mission était « de s'assurer que le conflit ne prenne pas une nature militaire », avait déclaré un ministre ukrainien, au terme d'une réunion du gouvernement. 

Mardi, les autorités ukrainiennes avaient autorisé leurs troupes installées en Crimée à utiliser les armes pour se défendre. Cette décision a été prise après qu'un militaire ukrainien eut été tué à Simferopol et que deux autres eurent été blessés. Un milicien prorusse a aussi perdu la vie, selon le bilan fourni par la police locale. 

Bien qu'ils refusent de reconnaître l'« annexion » de la Crimée à la Russie, les responsables militaires ukrainiens semblent se préparer au pire. Ils ont annoncé mardi soir avoir débloqué des fonds pour leurs familles qui voudraient quitter la péninsule.  

Un responsable du ministère russe de la Défense a aussi annoncé que l'armée avait entamé des manoeuvres aériennes à grande échelle dans l'ouest du pays. Ces exercices, qui ne se déroulent pas exactement le long de sa frontière avec l'Ukraine, impliquent des avions de combat et des bombardiers.

Le contre-torpilleur américain Truxtun a également entamé une journée de manoeuvres en mer Noire, en collaboration avec les marines roumaine et bulgare, a fait savoir un responsable américain.

La prise du quartier général de la marine ukrainienne à Sébastopol survient au moment où l'Union européenne doit annoncer les détails d'un plan d'aide de 1 milliard de dollars destiné à l'Ukraine. La situation devrait aussi être discutée lors du sommet européen qui se tiendra jeudi et vendredi à Bruxelles. 

De son côté, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, se trouve actuellement à Vilnius, en Lituanie, dans le cadre de sa tournée visant à rassurer les alliés de Washington dans la région. Il se trouvait en Pologne mardi.

Washington et Bruxelles soutiennent que d'autres sanctions seront adoptées dans la foulée de celles qui ont été annoncées jusqu'ici à l'encontre de quelques responsables russes et criméens.

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