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Charlotte Gainsbourg accro au sexe dans le nouveau film de Lars von Trier

19/03/2014 04:36 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Un texte de Tanya Lapointe

Le cinéaste danois Lars von Trier est l'enfant terrible du cinéma mondial. Il aime provoquer, déranger et secouer son auditoire. Son nouveau film ne fait pas exception.

Nymphomaniac est une oeuvre colossale qui met en vedette Charlotte Gainsbourg dans le rôle principal. Après le montage, le réalisateur avait un film de 4 heures entre les mains et il refusait de le raccourcir. Il l'a donc scindé en deux volumes. Les deux films prendront l'affiche simultanément vendredi (21 mars).

Un texte de Tanya Lapointe

La version longue du premier volet a été présentée en première mondiale au Festival international du film de Berlin (la Berlinale) sans provoquer de scandale (sauf peut-être pour les agissements de l'acteur Shia LaBeouf, qui a boudé la conférence de presse et foulé le tapis rouge avec un sac de papier sur la tête).

En Turquie toutefois, le film a été interdit en raison des scènes explicites. Sans être de la pornographie, il va de soi que ce n'est pas un film pour tous les publics.

Charlotte Gainsbourg incarne Joe, qui évolue au rythme de ses pulsions sexuelles de la tendre enfance jusqu'à l'âge adulte. Les deux films illustrent sa longue confidence livrée à Seligman (Stellan Skarsgard), un vieux garçon qui lui offre un refuge.

Intensité tolérable

Lars von Trier ne se censure pas. Il utilise des prothèses et même des stars de la pornographie pour traduire à l'écran son propos audacieux.

Ce qui rend le film tolérable, c'est le détachement émotif de Joe par rapport à ce qui lui est arrivé. Elle est en pleine possession de ses moyens. Aucune vulgarité non plus. Nymphomaniac est un film étonnamment poétique.

On retrouve aussi l'humour tordu du cinéaste. Le film provoque des rires grâce aux nombreuses ruptures de ton. Le personnage de Seligman en est le principal instigateur, comparant les comportements marginaux de Joe, à la pêche à la mouche par exemple, ou encore à la musique classique.

La distribution

Charlotte Gainsbourg est captivante dans le rôle de Joe, avec juste assez d'abandon et juste assez de retenue.

Shia Labeouf (Transformers) incarne un de ses amants et Christian Slater (star des années 90) joue son père. Certains critiques avancent la théorie que la présence de ses deux vedettes de films populaires indique que Lars von Trier ne se prend pas au sérieux.

C'est une piste intéressante surtout si l'on considère que la nymphomanie en psychologie évolue de pair avec la mythomanie. Le cinéma n'est-il pas la plus belle forme de tromperie? C'est du moins ce qu'on l'on peut dire de ce plus récent film de Lars von Trier. 

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