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Berlin "étonné" du parallèle fait par Poutine entre Crimée et réunification allemande

19/03/2014 01:00 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

L'Allemagne a exprimé mercredi sa surprise après la comparaison faite par le président Poutine entre le rattachement de la Crimée à la Russie et la réunification allemande, qualifiant cela de "parallèle historique biaisé".

Vladimir Poutine, ancien agent du KGB en Allemagne de l'Est en 1989, lors de la chute du Mur de Berlin, a déclaré dans un discours mardi que Moscou avait soutenu la réunification allemande, affirmant désormais espérer que les Allemands en fassent de même en soutenant les aspirations russes à "restaurer l'unité".

Le porte-parole d'Angela Merkel, Steffen Seibert, a qualifié le propos du président russe de "comparaison étonnante", la définissant comme l'un des nombreux "parallèles historiques biaisés" depuis le début de la crise ukrainienne.

"La réunification allemande a réuni deux Etats séparés qui forment une seule nation. L'intervention russe a au contraire conduit à la division de l'Ukraine", a-t-il dit, lors d'un point de presse.

"En outre, la réunification allemande a été un processus que la communauté internationale a accompagné de manière exemplaire, à travers les négociations 2+4" qui réunissaient les deux Allemagne ainsi que les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale: les Etats-Unis, l'URSS, la Grande-Bretagne et la France.

M. Seibert a souligné que l'Allemagne n'avait "pas oublié que l'ex-Union soviétique sous Mikhail Gorbatchev n'avait rien fait pour empêcher la réunification pacifique de l'Allemagne et nous en sommes heureux, encore aujourd'hui".

Cependant, a-t-il insisté, Berlin "ne voit aucun parallèle entre la réunification pacifique de l'Allemagne et les événements en Crimée". Dans la situation actuelle, "la Russie prend le chemin de l'isolement international", a-t-il jugé.

Mercredi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a pressé la Russie d'approuver rapidement l'envoi d'observateurs internationaux en Ukraine.

"J'ai redit ce matin dans la conversation (...) que ce mandat (des observateurs) devait être mis en application dans les prochaines 24 heures", a déclaré M. Steinmeier devant la presse, après avoir téléphoné à son homologue russe Sergueï Lavrov et au président de l'OSCE, Didier Burkhalter, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, sous l'égide de laquelle les observateurs seraient déployés.

"J'espère pouvoir surmonter nos différences sur ce mandat aujourd'hui", a ajouté le ministre.

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