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Algérie: démission fracassante d'un député et défenseur des droits de l'Homme

19/03/2014 12:24 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Le député algérien d'opposition et défenseur des droits de l'Homme, Mostefa Bouchachi, a démissionné en accusant l'Assemblée nationale d'être un "outil docile" du pouvoir, ont rapporté plusieurs médias locaux mercredi.

M. Bouchachi, un avocat connu élu en mai 2012 sur la liste du plus vieux parti d'opposition Front des Forces socialistes (FFS) et ex-président de la Ligue algérienne de défense des Droits de l'Homme, a adressé sa lettre de démission, publiée par les médias, au président de l'Assemblée populaire nationale (APN), Mohamed Larbi Ould Khelifa.

"L'APN est devenue un outil docile entre les mains du pouvoir et cela pousse les Algériens à ne pas voter, pour éviter de participer à l'établissement d'institutions qui cautionnent les orientations du système", écrit-il dans sa lettre postée sur le site du quotidien El-Watan.

Il y dénonce la mainmise de l'Exécutif sur cette assemblée de 462 élus. Des membres de l'Exécutif proposent selon lui des projets de loi et assistent aux débats au sein des commissions, en "violation du règlement intérieur de l'APN".

M. Bouchachi accuse aussi le bureau de l'APN d'avoir bloqué 10 projets de lois proposés par les députés.

Le député démissionnaire du FFS, qui comptait jusqu'à présent 27 députés, dénonce "le refus injustifié" de l'Assemblée de constituer, sur demande de plusieurs partis, des commissions d'enquête sur la corruption et les heurts communautaires à Ghardaïa (600 km au sud d'Alger) qui ont fait depuis plusieurs semaines au moins sept morts et 200 blessés.

Il accuse la Chambre basse de ne pas assumer sa fonction de contrôle des dépenses de l'Etat et le gouvernement de l'ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal, devenu le directeur de campagne du président Abdelaziz Bouteflika candidat à un 4e mandat le 17 avril, de "sillonner les wilayas (préfectures) et distribuer de l'argent sans aucun fondement réglementaire".

Un total de six candidats ont été retenus par le Conseil constitutionnel pour la présidentielle. M. Bouteflika, 77 ans, 15 ans de pouvoir mais très amoindri par un AVC, a toutefois toutes les chances de l'emporter.

Face à la nouvelle échéance électorale, le FFS avait annoncé qu'il n'appelait ni au boycottage ni à la participation au scrutin.

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