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Trafic d'armes: 70 personnes interpellées en France

18/03/2014 01:48 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Soixante-dix personnes ont été interpellées mardi dans toute la France dans le cadre d'une enquête sur un trafic d'armes de guerre ou de collection achetées sur internet en provenance notamment d'Allemagne ou d'Autriche, a-t-on appris auprès des autorités.

Quelque 370 enquêteurs de la gendarmerie et des douanes ont participé à cette opération baptisée Armes 66.

Les gendarmes ont placé 70 personnes en garde à vue en plusieurs lieux du territoire français, notamment dans le sud, en Corse et en région parisienne, pour qu'elles s'expliquent sur leurs achats d'armes, a dit à l'AFP le colonel Dominique Goury. D'autres personnes ont également été entendues comme témoin.

Selon un bilan loin d'être exhaustif car "tout n'a pas été répertorié", a souligné le colonel Goury devant la presse à Perpignan (sud-est), les enquêteurs ont saisi 300 armes de poing, des fusils, des milliers de munitions, des explosifs, des grenades. Des perquisitions étaient toujours en cours mardi après-midi.

"Il y a des armes anciennes comme des armes sophistiquées", a dit le colonel Goury. Les acheteurs se faisaient livrer des armes entières mais aussi des pièces détachées.

Selon une source proche de l'enquête, ont été retrouvés des pistolets automatiques 9 mm Glock du même type que ceux utilisés par les services de police français, des armes de guerre de type Kalachnikov, des armes de collection de la Seconde Guerre mondiale...

Parmi les personnes interpellées, "il y a tout, toutes les catégories socio-professionnelles", a ajouté le colonel Goury. "On a des collectionneurs, des gens qui ont récupéré par transmission familiale une arme à laquelle il manquait le chargeur". Il y a aussi cet "arsenal impressionnant" retrouvé dans l'est chez un passionné d'armes de la Seconde Guerre.

Mais on trouve également des acheteurs aux "intentions moins louables", a-t-il ajouté. Certains gardés à vue interpellés dans le sud et en Corse sont ainsi connus de la justice pour des "faits de violence et de dégradations".

L'opération visait essentiellement la clientèle et non pas l'organisation du trafic. Les investigations sont en effet parties de l'interception par les services des douanes d'un colis contenant des armes et de la mise en cause d'un armurier dans cette filière en 2012.

En deux ans d'enquête, les gendarmes ont répertorié 1.600 transactions mais les sommes rapportées par le trafic sont difficiles à évaluer.

Les gendarmes font face désormais à un gros travail pour répertorier les armes retrouvées. Il s'agit de distinguer celles qui sont interdites en France à l'instar des armes de guerre ou des armes automatiques, de celles qui sont soumises à autorisation, à déclaration ou libres de ventes, afin de déterminer les infractions dont se sont rendus éventuellement coupables les acheteurs.

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