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Somalie: la Force africaine attaquée dans une ville tout juste reprise aux shebab

18/03/2014 11:43 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Les shebab ont infligé mardi un camouflet à la force africaine en Somalie (Amisom) en menant une attaque suicide meurtrière contre une localité "stratégique" fraîchement conquise aux islamistes dans le cadre d'une vaste offensive lancée début mars.

Autre signe que les shebab, bien que défaits sur le terrain purement militaire, restent une dangereuse menace, le Kenya a parallèlement annoncé mardi avoir déjoué une "attaque d'ampleur" des islamistes somaliens sur son territoire et l'Ouganda a fait état de menaces précises d'attentat à l'aide d'un camion-citerne.

Vers 03H00 locales mardi, au moins quatre assaillants appuyés par un véhicule-suicide ont attaqué un hôtel où résidaient des chefs militaires somaliens et de l'Amisom, selon un responsable somalien des forces de sécurité et des témoins qui ont décrit une forte explosion, suivis de tirs nourris.

Plusieurs soldats djiboutiens de l'Amisom et somaliens ont été tués, selon la force africaine, qui n'a pas donné de bilan précis.

C'est la deuxième attaque en deux jours des shebab, un convoi de l'Amisom ayant été lundi la cible d'un attentat à la voiture piégée revendiqué par les islamistes près de la capitale Mogadiscio.

L'Amisom, qui combat les shebab depuis 2007 en Somalie, avait présenté comme une "victoire majeure" la prise le 13 mars de Buula Burde, à 200 kilomètres au nord de Mogadiscio, la qualifiant de "localité stratégique pour les shebab".

Un porte-parole des shebab, Abdulaziz Abu Musab, a revendiqué l'attaque, en affirmant à l'AFP "Les forces somaliennes et de l'Amisom n'ont pas le contrôle total de Buula Burde".

Une source gouvernementale somalienne ayant requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que quatre soldats de l'Amisom avaient été tués. Des habitants ont fait état de huit morts dans l'attaque, alors que selon le porte-parole shebab, plusieurs hauts responsables locaux des forces somaliennes ont péri.

Le représentant de l'ONU en Somalie, Nicholas Kay, avait présenté le 11 mars l'offensive lancée par la force africaine début mars comme potentiellement "l'avancée militaire la plus importante et la plus ample géographiquement depuis la création de l'Amisom".

L'Amisom, forte depuis janvier de 22.000 hommes, a repris en deux semaines six localités aux shebab qui, confrontés à la puissance de feu supérieure, continuent d'essuyer une série ininterrompue de défaites militaires depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011.

Dépossédés de leurs principaux bastions, ils contrôlent encore toutefois de larges zones rurales et privilégient désormais actions de guérilla et attentats, notamment à Mogadiscio, mais aussi sur le territoire de pays fournissant des troupes à l'Amisom.

- Attaque d'ampleur -

Mardi, le Kenya a annoncé avoir déjoué une "attaque d'ampleur" après l'arrestation à Mombasa, principale ville de la touristique côte kényane, de deux hommes présentés comme des shebab à bord d'une voiture piégée, tandis que l'Ouganda a interdit la circulation des camions-citernes à Kampala, disant avoir vent d'un projet des islamistes somaliens d'en faire exploser un.

Le Kenya - dont les troupes ont repris en octobre le port stratégique de Kismayo aux shebab - et l'Ouganda - premier contributeur de troupes de l'Amisom - ont déjà été le théâtre d'attentats d'ampleur menés par les islamistes somaliens ralliés à Al-Qaïda, en représailles de leur participation à l'Amisom.

En septembre, un commando avait pris d'assaut le centre commercial Westgate à Nairobi, tuant au moins 67 personnes. En 2010, un double attentat, revendiqué par les shebab, avait fait 76 morts dans un bar et dans un restaurant de Kampala retransmettant la Coupe du monde de football.

"Cela aurait pu être une attaque d'ampleur", a expliqué mardi le préfet du département de Mombasa, Nelson Marwa, après la double arrestation.

La cible prévue de l'attentat n'a pas été identifiée. Selon M. Marwa, les deux suspects - "Kényans d'ethnie somali" - ont été arrêtés à Changamwe, quartier proche de l'aéroport international de Mombasa et d'une raffinerie.

Mombasa, comme la province de la Côte, est très majoritairement musulmane dans un pays qui se déclare à plus de 80% chrétien.

Une mosquée radicale du centre-ville, suspectée par les autorités d'être un centre de recrutement pour les shebab - ce que nient ses responsables -, a récemment fait l'objet d'un raid meurtrier de la police.

De son côté le chef de la police ougandaise, Kale Kayihura, a indiqué qu'il était désormais "interdit à tous les camions-citernes, avec effet immédiat et jusqu'à nouvel ordre, de circuler dans l'agglomération de Kampala", en raison "d'informations crédibles tendant à indiquer que les shebab prévoient de faire exploser un camion-citerne à Kampala".

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