POLITIQUE

Élections 2014 - Le PLQ table sur un retour à l'équilibre budgétaire en 2015-2016

18/03/2014 09:32 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT
PC

S'il prend le pouvoir, le Parti libéral compte parvenir à l'équilibre budgétaire en 2015-2016, en dégageant un léger surplus d'environ 100 millions de dollars. Le PLQ se fixe un objectif de croissance des dépenses de l'État de près de 2,9 %, dont 4 % en santé et 3,5 % en éducation. Les dépenses des autres ministères seraient gelées pour cinq ans.

La formation prévoit des compressions de 1,3 milliard de dollars au cours des deux premières années d'un mandat. Le PLQ mise notamment sur les départs à la retraite et des mesures d'efficacité - comme les révisions de programmes - pour réaliser des économies.

« Il est nécessaire d'avoir une culture permanente de gestion rigoureuse des dépenses dans l'État québécois », a dit d'emblée le chef libéral, Philippe Couillard, en conférence de presse, mardi.

Philippe Couillard veut mettre sur pied dès son arrivée au pouvoir une commission d'examen stratégique pour revoir l'« efficience et la pertinence » des programmes gouvernementaux.

Les libéraux disent vouloir « réduire la bureaucratie » en santé et en éducation pour augmenter les services aux patients et aux élèves. Ils veulent aussi réintroduire une politique de remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique. Une autre mesure est la « politique du cran d'arrêt », où chaque dépense additionnelle doit s'accompagner d'une économie ailleurs dans le cadre financier.

La moitié des surplus dégagés l'an prochain serait utilisée pour réduire la dette. L'autre moitié irait à la « réduction du fardeau fiscal de la classe moyenne ». 

Par ailleurs, Philippe Couillard, juge que ses cibles de dépenses sont beaucoup plus réalistes que celles du PQ, notamment en santé (4 % pour les libéraux, 3 % pour les péquistes).

En réponse aux questions des journalistes, M. Couillard a assuré que ce n'était « pas son objectif de congédier du monde ». « Il y a un effort d'efficience à faire. Mais on ne parle pas de 35 000 emplois comme M. Legault. La démographie joue en notre faveur. Le nombre de postes, ça dépend de la revue des programmes », dit-il.

Les libéraux misent sur une relance économique

Le cadre financier libéral prévoit une accélération de la croissance économique du Québec pour rejoindre la moyenne canadienne. Philippe Couillard a dit vouloir « redémarrer l'économie » en relançant le Plan nord et en mettant en place une stratégie maritime, des propositions déjà faites plus tôt dans la campagne.

Rappelons que le PLQ veut investir 15 milliards de dollars dans les infrastructures au cours des 10 prochaines années, ce qui s'ajouterait à la dette. Philippe Couillard qualifie toutefois ces dépenses de « bonne dette ». « Il faut continuer à développer nos infrastructures et on va le faire, mais en ajoutant de la richesse économique. Ces infrastructures contribuent à l'économie, en générant de l'emploi et de la croissance », tient-il à rappeler.

Le candidat libéral dans Robert-Baldwin, Carlos Leitao, estime que l'arrivée d'un gouvernement libéral permettra une croissance au Québec de 2,1 % en 2014, soit 0,2 % de plus que la prévision faite par le ministre des Finances sortant, Nicolas Marceau.

Abolition de la taxe santé et indexation des services de garde

Les libéraux veulent par ailleurs abolir la taxe santé, mais progressivement, en trois ans, à partir de 2016-2017. Concernant les garderies, le PLQ indexerait au coût de la vie à partir du 1er janvier 2015 le tarif de 7 $ par jour. Le PQ avait quant à lui proposé dans son budget de porter à 8 $, puis à 9 $ les tarifs des services de garde.

Le chef libéral était à Bécancour mardi pour présenter le cadre financier du PLQ. Il était accompagné pour l'occasion de son « trio économique » formé des candidats Carlos Leitao, Jacques Daoust et Martin Coiteux.

M. Couillard n'a par ailleurs pas voulu commenter le sondage paru ce matin, qui donne une avance au PLQ dans les intentions de vote. « Tout ça me dit que je dois continuer avec mon équipe de présenter notre vision et notre projet. Ça nous mobilise encore plus vers l'objectif de remettre le Québec sur la voie de la prospérité », a-t-il dit. 

Les questions sur Arthur Porter refont surface

Par ailleurs, M. Couillard a dû se défendre une nouvelle fois au sujet de ses liens avec l'ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) Arthur Porter, aujourd'hui accusé de fraude.

Mardi, un article du Devoir rapporte que l'Agence de la santé et de services sociaux (ASSS) de Montréal confirme que MM. Couillard et Porter ont agi dans l'illégalité en fondant une firme de consultation dans le domaine de la santé sans demander l'autorisation au CUSM et à l'ASSS, ce qui contrevient à la Loi sur la santé et les services sociaux.

La chef péquiste, Pauline Marois, est aussi revenue à la charge sur ce sujet en point de presse, mardi. « On constate qu'il y a des affaires dans lesquelles [M. Couillard] a été impliqué qui posent des problèmes en termes d'éthique. Est-ce qu'on veut revenir à ce qu'on a connu sous monsieur Jean Charest? », s'est-elle demandé.

De son côté, Philippe Couillard a tenté une fois de plus de se distancier d'Arthur Porter. « Ce qui lui est reproché, ça n'a rien à voir avec moi. Et puis j'ai mon voyage, franchement, d'avoir à répondre à ça », a-t-il lancé, ajoutant qu'il trouvait suspect que cette question refasse surface à cette période-ci de la campagne électorale.

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