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Mistral: Paris nuira à sa réputation en cas d'annulation du contrat (Rogozine)

18/03/2014 07:09 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine a estimé mardi que la France nuirait à sa réputation de partenaire "fiable" si elle décidait de renoncer à la vente à la Russie de navires militaires français Mistral.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a déclaré lundi soir que la France "pourrait envisager" d'annuler la vente de deux navires Mistral à la Russie "si Poutine continue ce qu'il fait" en Ukraine. Mardi il a précisé qu'il s'agirait plutôt d'une suspension des contrats.

"La France commence à trahir la confiance qu'on place en elle comme fournisseur fiable", a écrit M. Rogozine sur son compte Twitter, appelant ses "collègues européens à ne pas attiser la situation".

"Notre collègue ne sait-il pas combien de postes de travail ont été créés en France grâce à notre partenariat?", a par ailleurs demandé le haut responsable russe, visé par des sanctions décrétées lundi par les États-Unis.

"Si la France impose des sanctions à la Russie et ne nous livre pas les navires Mistral, ce sera l'économie française qui en souffrira et pas la capacité de combat de la marine russe", a pour sa part déclaré le chef de la commission chargée de la Sécurité nationale de la Chambre publique Alexandre Kanchine.

En cas d'annulation du contrat Mistral, la Russie commandera la construction de navires du même type à ses propres entreprises, a-t-il dit.

"Nous investirons ces moyens (destinés à l'achat des navires Mistral, ndlr) dans les entreprises de construction de navires russes à l'Extrême orient ou dans la région de Kaliningrad (ouest) ou d'autres", a conclu le responsable russe cité par l'agence Interfax.

Mardi, les syndicats de la société STX à Saint-Nazaire (ouest) qui fabrique le Mistral ont mis en garde l'État français contre les "conséquences" que l'éventuelle annulation du contrat pourrait avoir "sur l'emploi des salariés".

Selon M. Fabius, l'éventuelle annulation du contrat Mistral "fait partie du troisième niveau des sanctions".

"Pour l'instant nous sommes au deuxième niveau", a-t-il précisé, tout en soulignant que l'annulation du contrat Mistral serait aussi "négatif pour les Français".

En 2011, la France a signé avec Moscou la vente de deux navires de projection et de commandement (BPC) de type Mistral, pour 1,2 milliard d'euros.

L'Union européenne et les États-Unis ont sanctionné lundi 21 hauts responsables ukrainiens et russes, dont Dmitri Rogozine, pour riposter au plébiscite sur le rattachement de la Crimée à la Russie.

De telles sanctions sont inédites dans l'histoire des relations UE-Russie depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.

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