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Le président vietnamien avertit Pékin contre l'usage de la force

18/03/2014 04:27 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Le président vietnamien a mis en garde mardi à Tokyo contre tout usage de la force pour régler des conflits territoriaux, au moment où son pays et ses voisins sont confrontés aux revendications chinoises en mer de Chine méridionale.

"Les pays concernés (par de tels conflits) ne devraient pas compliquer la situation mais bien plutôt faire preuve de retenue, et ne devraient ni user de la force ni même menacer d'en faire usage", a déclaré Truong Tan Sang en visite officielle au Japon depuis dimanche.

"Concernant les différends maritimes, le Vietnam privilégie les moyens pacifiques, le respect de la loi internationale ainsi que celui des droits et de la souveraineté des autres", a-t-il pousuivi devant le parlement japonais.

La Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial, et réserve potentielle de pétrole, de gaz et d'importantes ressources halieutiques. Outre le Vietnam, les Philippines, Taïwan, la Malaisie et Bruneï ont également des différends territoriaux maritimes avec Pékin.

Le Japon qui a également un sérieux conflit maritime avec Pékin, avait réuni en décembre dernier à Tokyo les dirigeants des pays de l'Asean (Association des nations d'Asie du sud-est), pour resserrer les liens avec eux face à une Chine dont la montée en puissance et les appétits maritimes inquiètent la région.

Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2012, le Premier ministre japonais Shinzo Abe n'a cessé de courtiser l'Asean en s'appuyant notamment sur le fait que plusieurs de ces pays ont, comme le Japon, des différends territoriaux avec Pékin.

M. Abe, avec lequel le président vietnamien devait s'entretenir mardi, a d'ailleurs effectué en un an la tournée de tous les pays membres de l'Asean: Birmanie, Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam.

A cause du conflit en mer de Chine orientale concernant un archipel inhabité, les relations entre Pékin et Tokyo sont exécrables depuis septembre 2012.

Le Japon administre le petit archipel des Senkaku que Pékin revendique vigoureusement sour le nom de Diaoyu.

Les deux pays y envoient régulièrement des navires de gardes-côtes armés, faisant redouter un incident à tout moment.

Les deux capitales ne sont prêtes à aucune concession sur ces îles situées à 200 km au nord-est de Taïwan et 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon).

Dans ce bras de fer avec Tokyo, la Chine avait franchi un palier supplémentaire en novembre dernier en décrétant une "zone aérienne d'identification" (ZAI) sur une large partie de la mer de Chine orientale, qui chevauche celle du Japon et surtout englobe l'archipel de la discorde.

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