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Human Rights Watch salue le "repositionnement" de Merkel sur la Russie

18/03/2014 03:24 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Le directeur exécutif de l'ONG Human Rights Watch s'est félicité mardi du "repositionnement" plus ferme de la chancelière allemande Angela Merkel à l'égard de la Russie et l'a invitée à faire de même avec la Chine.

La dirigeante a reçu à Berlin le patron de l'organisation de défense des droits de l'Homme, Kenneth Roth, et le secrétaire général d'Amnesty International, Salil Shetty, pour évoquer notamment le dossier ukrainien et la visite en Allemagne du président chinois Xi Jinping, fin mars.

La discussion a tourné autour de la question de l'équilibre entre intérêts économiques et principes politiques, a confié M. Roth à l'AFP.

"Nous nous souvenons tous de l'+Ostpolitik+, cette pensée consistant à dire qu'en échangeant avec la Russie, tout va progressivement s'arranger", a-t-il affirmé après 45 minutes d'entretien.

"Cette idée est actuellement largement discréditée et la chancelière comme le ministre des Affaires étrangères (Frank-Walter) Steinmeier sont en train d'opérer un repositionnement dans leur politique à l'égard de la Russie, que nous sommes en train de voir à l'oeuvre", a-t-il estimé.

Selon M. Roth, les racines de la situation actuelle ont été ignorées par l'Occident. "Les évènements qui ont rendu possible ce que Poutine est en train de faire en Crimée et ce qu'il menace de faire dans le reste de l'Ukraine orientale, ce sont la répression de la société civile et la disparition des médias (indépendants) en Russie".

Si l'Occident continue à déployer son arsenal de sanctions, les "dommages économiques" vont conduire M. Poutine à reconsidérer sa position, juge-t-il, appelant l'Ouest à maintenir et accentuer la pression.

Dans le même esprit, M. Roth a souligné que Mme Merkel ne devrait pas avoir peur de défier M. Xi sur les droits de l'Homme, au cours de sa visite.

"Malgré ce que Pékin essaie de vous faire croire, c'est-à-dire qu'il serait imperméable à la pression internationale, l'histoire montre jusqu'à aujourd'hui que le gouvernement chinois répond à la pression internationale", a affirmé le patron de HRW.

"Si vous voulez vraiment changer les choses en Chine, il faut libérer le moteur qui est le plus à même de produire du changement, c'est-à-dire le peuple chinois", a-t-il ajouté.

La chancellerie n'a pas fait de commentaires sur le contenu des discussions avec MM. Roth et Shetty mais une source proche de Mme Merkel a indiqué que les conversations avaient tourné autour des questions de "politique générale des droits de l'Homme et des points chauds au centre du travail des (deux) organisations".

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