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Exploration pétrolière dans les zones protégées : la RDC ne veut pas "reculer"

18/03/2014 11:55 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Le gouvernement de Kinshasa a indiqué mardi qu'il ne comptait pas revenir sur ses projets d'exploration pétrolière en zone naturelle protégée, en particulier dans le parc national des Virunga, dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Nous n'allons pas reculer", a déclaré le ministre des Hydrocarbures congolais, Crispin Atame Tabe lors d'une réunion publique à Kinshasa.

"L'exploitation des ressources naturelles, telles que les hydrocarbures, s'avère [...] impérieuse pour soutenir une économie d'un pays en voie de développement et améliorer la situation sociale des ses habitants", a dit M. Atame Tabe, dont le pays se classe dernier à l'indice du développement humain des Nations unies.

Le ministre a tenu ces propos lors d'une rencontre intitulée "Atelier de sensibilisation sur la problématique de l'exploitation et [de la] production pétrolière dans les zones protégées de la RDC : cas du parc national des Virunga".

Les Virunga sont le plus vieux parc naturel d'Afrique : il a été créé en 1925 pendant la colonisation belge, et est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.

Le gouvernement congolais avait signé en 2010 des contrats de partage de production avec la société d'exploration et de production pétrolière britannique SOCO et le groupe pétrolier français Total portant sur deux concessions incluant de vastes portions du parc des Virunga.

Sous la pression de l'UNESCO notamment, l'Etat congolais a fini par suspendre les permis d'exploration attribués sur le territoire du parc.

A la suite d'une campagne de protestation internationale, Total s'est engagé à ne mener aucune activité d'exploration ou de prospection pétrolière dans les limites du parc. A l'inverse, s'abritant derrières des motifs "scientifiques", SOCO a commencé sa campagne d'exploration, avec le soutien de l'Etat.

Plusieurs associations locales de défense de l'environnement font valoir que ces activités ont déjà un effet désastreux sur la nature, et le représentant adjoint de l'UNESCO en RDC, Meissa Diop, a demandé de nouveau mardi à l'Etat congolais "d'annuler les permis d'exploration" dans le parc des Virunga.

L'UNESCO rappelle que l'exploration et l'exploitation pétrolières ne sont "pas compatibles" avec les statuts du patrimoine mondial.

La grande crainte des défenseurs de l'environnement est que le parc des Virunga soit rayé de la liste de l'UNESCO, ce qui ferait sauter le dernier verrou le protégeant tant bien que mal (le site est sur la liste du patrimoine mondial menacé depuis 1994) de la convoitise des hommes.

mj/jmc

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