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Des centaines de personnes à l'enterrement d'un Tatar de Crimée torturé à mort

18/03/2014 02:45 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Plusieurs centaines de Tatars de Crimée se sont rassemblés mardi près de Simféropol pour l'enterrement d'un membre de leur communauté qui a été selon eux enlevé et torturé après avoir manifesté contre le rattachement de la péninsule à la Russie.

Rechat Ametov, 38 ans, a disparu le 3 mars et sa dépouille a été retrouvée samedi dans une forêt à 20 kilomètres de Simféropol, à la veille du référendum organisé sur l'intégration de la république ukrainienne au territoire de la Russie.

Les chefs de file de la communauté tatare assurent que ce père de trois enfants a été torturé à mort après avoir manifesté contre le référendum.

Les Tatars, qui sont musulmans et représentent entre 12 et 15% de la population locale, ont massivement boycotté le référendum de dimanche pour le rattachement de la Crimée à la Russie, auquel ils sont majoritairement opposés.

Environ 300 personnes se sont rassemblées mardi dans un cimetière près de Simféropol pour rendre hommage à Rechat Ametov, dont la dépouille était enveloppée dans un linceul vert.

"Il a été brutalement battu", a dénoncé sa tante Zera Kadyrova. "Ils disent qu'il y aura une enquête, mais on ne sait pas si c'est vrai", a-t-elle ajouté, interrogée par l'AFP.

Plusieurs représentants de l'assemblée représentative des Tatars de Crimée, le Medjlis, ont mis en garde la foule contre toute tentation de revanche.

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, s'appuyant sur le témoignage d'un proche, a indiqué qu'Ametov avait été vu pour la dernière fois lors d'une manifestation sur la place centrale de Simféropol, chef lieu de la Crimée, et emmené par des hommes en uniformes.

HRW a appelé les nouvelles autorités pro-russes de Crimée à une enquête sur sa mort, qui illustre selon l'ONG "le climat d'arbitraire" régnant sur la péninsule depuis une semaine.

L'incident a provoqué une forte émotion en Ukraine, où plusieurs cas de tortures ont été recensés sur des militants engagés dans le mouvement de contestation qui a conduit à la fuite du président Viktor Ianoukovitch. L'un d'eux a été retrouvé mort en janvier dans une forêt de la banlieue de Kiev.

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