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Crimée : le front militaire s'agite

18/03/2014 05:16 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Les autorités ukrainiennes ont autorisé mardi leurs troupes installées en Crimée à utiliser les armes pour se défendre. Depuis le début de ce conflit dans la région disputée, il y a trois semaines, les soldats ukrainiens étaient invités à éviter de riposter par les armes.

Il s'agit d'une réaction à une attaque ayant causé un mort sur une base militaire à proximité de Simféropol. Peu de détails concernant l'événement ont été dévoilés, mais un communiqué du ministère de la Défense de l'Ukraine affirme que les agresseurs « portaient l'uniforme des militaires russes » et étaient armés « de fusils automatiques et d'un fusil à lunette ».

Un fonctionnaire a aussi déclaré qu'un camion portant un drapeau russe a été utilisé lors de l'opération.

Le chef d'état-major russe a reçu un appel de son homologue ukrainien, durant lequel ce dernier a dénoncé « le soutien et la participation » de Russes à cette fusillade

Les premières informations sur cette fusillade faisaient plutôt état d'attaques par des soldats masqués et bien équipés, et indiquaient que rien ne prouvait qu'il s'agissait bel et bien de soldats russes.

Deux autres soldats, dont un capitaine, ont été blessés lors des attaques de mardi. Selon l'agence de presse Interfax Ukraine, un membre des forces d'autodéfense russe aurait aussi péri, mais cette information n'a pu être confirmée.

Crime de guerre, dit Iatseniouk

Le premier ministre ukrainien par intérim, Arseni Iatseniouk, a affirmé que le conflit en Crimée était passé du niveau diplomatique au niveau militaire. « Aujourd'hui, des soldats russes ont commencé à ouvrir le feu sur des militaires ukrainiens, c'est un crime de guerre », a-t-il déclaré lors d'une réunion.

Deux jours après le référendum ayant mené à l'annexion de la Crimée par la Russie, Iatseniouk a aussi demandé à son ministre de la Défense d'organiser une rencontre réunissant ses homologues russe, français et britannique, afin de « prévenir une escalade du conflit » sur le terrain. Ces trois nations avaient signé en 1994 un traité garantissant l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Une incursion en Ukraine serait un acte « scandaleux », prévient Kerry

Comme l'avait fait le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, il y a deux semaines, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a fait un parallèle entre les actions russes des derniers jours et les événements qui ont mené à la Seconde Guerre mondiale.

« Il suffit de revenir en arrière et de lire l'histoire de ce qui a conduit à la Seconde Guerre mondiale et les passions mises au jour avec cette sorte de ferveur nationaliste », a déclaré Kerry à des étudiants réunis au département d'État.

Face à la possibilité d'une incursion russe dans l'est de l'Ukraine, Kerry a dit ne pas pouvoir imaginer « un geste aussi scandaleux dans le monde contemporain ».

C'était la première fois depuis le début du conflit en Crimée que le secrétaire d'État, qui n'a pas concrètement expliqué quelles actions seront prises par les Américains sur le terrain, s'exprime ouvertement sur cette question.

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