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Burundi : perpétuité requise contre 46 militants d'opposition

18/03/2014 01:22 EDT | Actualisé 18/05/2014 05:12 EDT

Le Parquet burundais a requis mardi la prison à perpétuité contre 46 militants du parti d'opposition burundais MSD, jugés pour "participation à un mouvement insurrectionnel armé" après de récents affrontements avec la police, a constaté un journaliste de l'AFP.

La défense, qui contestait la procédure d'urgence utilisée par le Parquet, s'est retirée après le refus de la Cour de renvoyer l'audience et n'a pas plaidé. Le verdict est attendu vendredi.

Le substitut du procureur, Anastase Habonimana, a requis "une peine de servitude pénale à perpétuité" pour 46 accusés - dont cinq femmes - poursuivis pour "participation à un mouvement insurrectionnel armé", et une peine de 15 ans de prison pour 22 autres poursuivis pour "tentative de participation à un mouvement insurrectionnel armé".

Deux mineurs, accusés du premier chef, ont été renvoyés devant une chambre spéciale pour mineurs qui siégera mercredi. Un 71e accusé a été blanchi avant le procès.

Ces militants du Mouvement pour la Solidarité et le Développement (MSD) ont été arrêtés le 8 mars après des affrontements particulièrement violents avec la police, au cours desquels des policiers avaient été pris en otage au siège du parti à Bujumbura.

Une vingtaine de militants avaient été blessés, dont certains par balles, lors de l'assaut donné par la police, qui avait accusé des membres du MSD d'avoir ouvert le feu les premiers.

Le président du MSD, l'ex-journaliste Alexis Sinduhije, l'un des plus farouches opposants au président burundais Pierre Nkurunziza, est en fuite et poursuivi pour avoir organisé "une insurrection armée" et est lui aussi passible de la perpétuité.

La défense a dénoncé "le refus des juges d'organiser un procès équitable et juste" et seuls les avocats de cinq accusés, qui assurent avoir été arrêtés par erreur par la police alors qu'ils déambulaient dans la rue, ont accepté de plaider.

"Nous avons décidé de nous retirer parce que la Cour nous refuse l'exercice des droits fondamentaux de la défense. Certains avocats n'ont pas encore lu leurs dossiers, nous avons soulevé des questions préalable de compétence du tribunal (...) mais la Cour a refusé de nous écouter", a justifié Me Prosper Niyoyankana.

Le président de l'Association pour la Protection des prisonniers et des droits humains,Pierre-Claver Mbonimpa, a dénoncé "un procès politique", estimant que "tout a été écrit d'avance".

"C'est un réquisitoire dur, très dur, mais c'est pour servir d'exemple, pour que plus personne ne tente de déstabiliser ce pays", a de son côté déclaré à l'AFP un magistrat ayant requis l'anonymat.

esd-ayv/de

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