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« I'm Free », nouvel album blues de Jordan Officer (VIDÉO)

18/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 19/03/2014 05:31 EDT

Arrangeur, réalisateur et guitariste du Susie Arioli Band pendant 18 années, Jordan Officer fait maintenant carrière solo. Le Montréalais bilingue de 37 ans propose I’m Free, un nouvel album de 10 morceaux, dont huit originaux et deux reprises (Ain’t Nobody’s Business et Hang ’Em High). C’est blues, certes, mais le jazz et le rock’n’roll ne sont jamais très loin.

Lauréat d’une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec, Jordan Officer s’est installé six mois avec sa famille à New York, en juillet 2013, afin de créer son disque. Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec le talentueux guitariste.

Est-ce que le fait d’aller à New York a eu un effet marquant sur la production de I’m Free ?

Jordan Officer : Oui, ça eu un effet important. D’abord, je dois dire que je voulais me déraciner. J’ai toujours habité Montréal. Vivre ailleurs un moment me plaisait comme idée. Arrivé à New York, j’ai été surpris par les effets bénéfiques. J’ai joué avec des musiciens que je ne connaissais pas (dont le batteur Charley Drayton qui a collaboré avec une tonne d’artistes comme Herbie Hancock, Johnny Cash, Neil Young, Keith Richards). Durant une résidence O Patro Vys de Montréal, j’avais essayé beaucoup de matériel avant mon départ pour New York. J’avais quand même une bonne idée de ce que serait l’album. Finalement, le tout a vraiment changé. Il s’est passé des choses au niveau des collaborations que j’ai eues, mais aussi en raison des discussions avec Craig Street (le fameux réalisateur américain était en fait l’ami d’un ami), qui m’a donné tout plein de judicieux conseils en plus de me faciliter les rencontres. En brainstorming et dans les expériences live, je me suis rendu compte que I’m Free serait différent.

À quel niveau avez-vous changé votre plan initial ?

J’ai par exemple écrit des nouvelles chansons à New York. L’approche musicale aussi s’est modifiée. J’utilise un blues moins typique. Je me suis investi dans un travail plus personnel. Le fait de plonger dans l’écriture a apporté quelque chose de plus intime. Avant, j’avais tendance à offrir davantage de reprises. Mes albums ressemblaient plus à un show live de blues. J’ai l’impression d’avoir été plus fidèle à moi-même. J’aime le résultat.

Comment avez-vous procédé à l’enregistrement ?

J’ai fait ça au Sear Sound Studio, ce mythique endroit où des musiciens comme Pearl Jam ou encore John Scofield ont travaillé. C’est un studio chaleureux, qui a un beau son et un équipement vintage très bien entretenu. L’enregistrement s’est passé en deux étapes. Une session avec un batteur (Charley Drayton) et une autre avec le batteur Tony Mason (Joan Osborne, Martha Wainwright, Norah Jones, Bo Diddley), un mois plus tard. C’était seulement le batteur et moi dans la même pièce. Ça été enregistré live. La majeure partie de ma voix a été faite live également. Je dois dire que la période avec Charley a vraiment changé quelque chose dans mon travail. C’est un des meilleurs batteurs new-yorkais. Il m’a entre autres incité à être plus spontané. Plus naturel dans l’approche voix/guitare.

Pourquoi avoir fait appel à deux batteurs différents ?

Charley devait partir en tournée. Mais je voulais vraiment travailler avec lui. C’est d’ailleurs lui qui m’a recommandé Tony pour le reste des chansons. Ce dernier a aussi énormément de talent. Il joue avec de grands artistes. Il est passionné. Plusieurs super musiciens font un show à New York avec un blues band qui s’appelle Bill Sims. Quand Charley ne peut jouer, c’est Tony qui prend sa place. Ils se connaissent bien. J’ai eu la chance de rencontrer certaines personnes de ce cercle de musiciens. Ils ont tous des expériences très variées, mais ils se retrouvent beaucoup dans le blues, dans un langage qui me ressemble énormément.

Puisque vous avez enregistré à New York, votre maison de disque habituelle (Spectra Musique) n’a pu produire I’m Free. Que retenez-vous de votre expérience à titre de producteur ?

Spectra demeure impliqué dans le projet au niveau de la promotion et de la diffusion. On garde une superbe relation. La compagnie m’aide aussi pour le booking des shows. De mon côté, j’ai acquis un paquet d’expériences dans le domaine de la production qui vont me servir pour longtemps. J’ai même créé mon propre label. Le fait d’investir son argent personnel apporte une vision autre du milieu. L’artiste doit se responsabiliser aujourd’hui, être de plus en plus autonome. J’ai développé des outils importants dans ce domaine qui me donnent envie de recommencer pour un autre disque.

Quelle formule proposerez-vous pour le nouveau concert?

Je vais commencer par un spectacle-lancement au Lion d’Or, le 18 mars. En show, je serai accompagné par Tony Albino à la batterie et Sage Reynolds à la basse. Je vais me promener ensuite de ville en ville au Québec. Les festivals viendront surtout l’an prochain, mais je peux quand même dire que je serai au Festival d’été de Québec 2014 puis au Festival de jazz de Montréal en juin.