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Venezuela : l'offensive policière se poursuit

17/03/2014 06:48 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Les autorités vénézuéliennes continuent leur offensive pour reprendre le contrôle de plusieurs quartiers de Caracas, après le début d'une vague de protestations qui a déjà fait 29 morts.

Lundi matin, un millier de policiers antiémeutes sont entrés dans le quartier de Chacao, situé à l'est de Caracas, afin de mettre un terme aux affrontements qui opposent les partisans de l'opposition aux forces de l'ordre.

Le président Nicolas Maduro a qualifié l'opération policière de tentative de « libération ».

Le mouvement de contestation a débuté le 4 février, à l'initiative d'étudiants. Il est soutenu par l'opposition vénézuélienne. Les manifestants souhaitent dénoncer l'insécurité dans le pays, l'inflation très élevée et des pénuries récurrentes qui touchent notamment les produits alimentaires.

Chacao est un quartier d'affaires, dont la plupart des résidents appartiennent à la classe moyenne. Mais le secteur s'est transformé en champ de bataille, sur lequel les opposants ont érigé des barricades afin d'affronter les forces de l'ordre pendant la nuit.

Le bilan des manifestations est de 29 morts et d'environ 400 blessés. Un membre des forces de l'ordre a notamment été tué par balle lundi lors d'une marche à Maracay, selon les autorités vénézuéliennes.

L'opération policière de lundi à Caracas fait suite à celles de San Cristobal et de Valencia, qui se sont déroulées cette fin de semaine.

« Je vais donner (...) à ces assassins qui ont pris possession de la place Altamira et Franciso sur l'avenue Miranda, quelques heures, et s'ils n'évacuent pas aujourd'hui, je vais faire évacuer ces lieux avec la force publique », a déclaré le président Maduro, cette fin de semaine, rapporte la BBC.

Des agents à pieds et à moto patrouillaient dans le quartier de Chacao, alors que des employés municipaux nettoyaient les rues. Les autorités ont dit avoir retrouvé des dizaines d'engins incendiaires fabriqués par les manifestants.

« Ces patrouilles intensives rétabliront le calme dans ce quartier », a estimé de son côté le ministre de l'Intérieur, Miguel Rodriguez Torres, assurant que les policiers œuvraient en faveur de la population locale.

Le maire de Chacao, Ramon Muchacho, issu de l'opposition, a récusé ces arguments devant la presse, assurant qu'« on ne peut pas parler de normalité alors qu'il y a plus de militaires que de civils dans les rues ».

L'opposition estime que les policiers ont fait un usage abusif de la force, les accusant d'avoir eu recours à des tirs à balles réelles.

Huit membres des forces de l'ordre ont d'ailleurs été arrêtés en février, en lien avec une fusillade lors d'une manifestation, rapporte la BBC.

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