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USA: Janet Yellen aux commandes pour réduire encore l'aide de la Fed

17/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait continuer de réduire son soutien exceptionnel à l'économie des Etats-Unis à l'issue de sa réunion de politique monétaire mercredi présidée pour la première fois par Janet Yellen.

Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) doit publier mercredi à 18H00 GMT un communiqué rendant compte de deux jours de réunions à Washington et dévoilant ses nouvelles prévisions économiques.

Une demi-heure plus tard, Janet Yellen, qui a pris la succession de Ben Bernanke début février, tiendra sa première conférence de presse à la tête de l'institution.

Quasiment unanimes, les analystes s'attendent à une nouvelle réduction de 10 milliards de dollars des achats d'actifs de la Fed, ce qui porterait à 55 milliards de dollars mensuels cette aide destinée à pousser les taux à la baisse. Les taux directeurs sont maintenus proches de zéro depuis cinq ans et devraient le rester.

Depuis la dernière réunion du FOMC en janvier, l'activité de la première économie mondiale a montré des signes de faiblesse en décembre et janvier, dus en grande partie à la vague de froid dans le pays, comme le relevait le dernier Livre Beige de la Fed. Mais les perspectives demeurent "optimistes", selon ce rapport, le plus récent sur l'état de l'économie.

Indicateurs majeurs, les créations d'emplois ont rebondi en février à 175.000 après deux mois très décevants et les ventes de détail, un des moteurs de la croissance, sont lentement reparties dans le vert.

Dans ces conditions, "il est presque assuré que la Fed va réduire ses achats mensuels d'actifs d'une nouvelle tranche de 10 milliards de dollars", résumait Paul Dales, économiste pour Capital Economics.

La Fed a injecté pas moins de 1.100 milliards de liquidités dans le système financier en 2013 pour soutenir la reprise.

- Réformer sa communication -

Beaucoup pensent également que le Comité va modifier son message d'orientation de politique monétaire vis-à-vis du taux de chômage.

"La Fed jauge ses options pour modifier sa communication d'orientation monétaire alors que le taux de chômage s'approche des 6,5%", estimait Peter Hooper, analyste pour Deutsche Bank.

Depuis plus d'un an, le FOMC a explicitement promis qu'il ne relèverait pas le taux directeur tant que le chômage serait supérieur à 6,5% et que l'inflation resterait sous son objectif de 2% à moyen terme (elle était à 1,1% en février selon l'indice PCE).

Mais à 6,7% en février, le taux de chômage se rapproche de ce seuil alors que la reprise du marché du travail est "loin d'être complète", comme l'a redit Mme Yellen en février lors de sa première audition au Congrès.

La Fed n'a, dès lors, cessé d'assurer ces derniers mois que les taux d'intérêt resteraient proches de zéro "bien après" la baisse du taux de chômage sous les 6,5%.

"Ce seuil va bientôt devenir caduc, s'il ne l'est pas déjà", estimait récemment Charles Plosser, un des membres du FOMC plaidant pour "une réforme de la communication" de la Fed "concernant l'évolution à venir des taux".

Les analystes s'attendent à un message "plus qualitatif", selon M. Hooper, faisant référence à l'état général du marché du travail plutôt qu'au seul taux de chômage classique qui omet de prendre en compte les chômeurs découragés de trouver un emploi.

Ce message risque toutefois "d'être plus vague et plus compliqué", promettait Paul Ashworth de Capital Economics.

Futur numéro 2 de la banque centrale, Stanley Fischer, qui ne siègera pas encore à la réunion de mardi et mercredi, a affirmé jeudi devant le Congrès son soutien à la continuation de la politique monétaire actuelle. Mais, a-t-il averti, le retour à la normale monétaire a bien "commencé". "On n'y est pas encore. On se concentre sur le chômage car c'est ce qu'il faut faire", a-t-il conclu.

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