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Un ex-conseiller politique au Sénat accusé de fraude

17/03/2014 10:42 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a déposé cinq chefs d'accusation de fraude et d'abus de confiance contre l'ancien conseiller politique conservateur au Sénat Hubert Pichet.

Dans un communiqué publié lundi matin, la GRC indique que les faits reprochés à M. Pichet se sont déroulés de 2007 à 2011. Le conseiller politique travaillait, à ce moment, au bureau du sénateur conservateur Pierre-Claude Nolin.

M. Pichet, qui a également occupé le poste de secrétaire du premier ministre sous Brian Mulroney, avait présenté sa candidature en 2008 dans la circonscription de La Pointe-de-l'île, dans l'est de Montréal. Il n'avait toutefois récolté que 5000 voix, terminant l'élection au quatrième rang.

Les enquêteurs de la GRC, qui ont amorcé leur enquête en 2009, ont conclu que M. Pichet avait reçu des fonds de la part d'entreprises désireuses de faire affaire avec le gouvernement Harper. Il aurait prétendu pouvoir influencer l'attribution de ces contrats.

M. Pichet doit comparaître le 1er mai prochain au Palais de justice de Montréal.

La GRC refuse de commenter davantage le dossier de M. Pichet, précisant attendre le début des procédures pour dévoiler plus de détails.

Le dossier LM Sauvé

Le nom d'Hubert Pichet était apparu, en 2010, dans une enquête de la GRC sur l'octroi d'un contrat de rénovation du parlement d'une valeur de 9 millions de dollars. Le contrat avait été octroyé à l'entreprise montréalaise Maçonnerie LM Sauvé.

Le président de l'entreprise, Paul Sauvé, a plus tard affirmé avoir versé 140 000 $ au militant conservateur Gilles Varin dans le but d'apparaître sur la liste des entrepreneurs pouvant soumissionner sur le projet de réfection de l'aile ouest du parlement. M. Sauvé aurait ainsi effectué des paiements à M. Varin dès le lendemain du lancement de l'appel d'offres pour ce contrat de rénovation, en 2007.

M. Sauvé a finalement décroché le contrat en 2008, en étant le plus bas soumissionnaire. Mais il l'a perdu à la suite de la faillite de son entreprise, en 2009.

Convoqué devant le Comité des opérations gouvernementales en novembre 2010 pour son implication dans ce dossier, M.Varin avait avoué avoir reçu 118 000 $ de l'entrepreneur Paul Sauvé à titre de conseiller stratégique en développement des affaires. Il s'était toutefois défendu d'avoir ainsi effectué du lobbying, lui qui n'était pas inscrit au registre des lobbyistes.

M. Varin avait toutefois déclaré au comité parlementaire avoir présenté M. Sauvé à Hubert Pichet dans un restaurent.

M. Pichet avait plus tard indiqué à des journalistes d'enquête de Radio-Canada et du Globe and Mail que M. Varin lui avait demandé de lui suggérer des contacts auprès du bureau du ministre des Travaux publics.

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