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Serbie : le Parti progressiste d'Aleksandar Vucic remporte les législatives   

17/03/2014 03:27 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

Le Parti progressiste serbe (SNS, droite), partisan des réformes économiques et d'une entrée de la Serbie dans l'Union européenne, a remporté les élections législatives anticipées de dimanche en Serbie, et devrait obtenir la majorité absolue des sièges au parlement.

Le chef du SNS, Aleksandar Vucic, un ancien ultranationaliste converti à l'Europe, devrait être nommé premier ministre d'une Serbie qui s'oriente désormais vers une entrée dans l'Union européenne.

Selon l'institut de sondage Cesid, le SNS a remporté 48,8 % des suffrages exprimés, ce qui devrait lui donner 157 sièges sur les 250 que compte l'Assemblée nationale, le parlement monocaméral serbe.

Le SNS revendique pour sa part 49,3 % des suffrages.

« Personne n'a jamais eu une telle journée », a déclaré Aleksandar Vucic, 44 ans, devant ses partisans à Belgrade. « Mon but n'est pas d'être riche, mon but est que le peuple de Serbie vive mieux », a-t-il dit.

Toujours selon le Cesid, les socialistes du premier ministre sortant Ivica Dacic arrivent en deuxième position avec 14 % des voix.

Selon les analystes, le SNS doit sa victoire à la popularité d'Aleksandar Vucic, vice-premier ministre dans le gouvernement sortant, dont le combat contre la corruption a touché une corde sensible chez de nombreux Serbes.

Le nouvel homme fort de la Serbie a promis une réforme du secteur public et des retraites, ainsi que du droit du travail.

Quant au Parti démocrate, principale force d'opposition à l'ancien homme fort de la Serbie, Slobodan Milosevic, décédé en 2006, elle obtient environ 6 % des suffrages. Le parti a vu sa base ébranlée par la défection de l'ancien président serbe Boris Tadic, dont le nouveau parti a également obtenu autour de 6 % des voix.

Le taux de participation à ces législatives anticipées a été de 53 %.

Selon les analystes, Aleksandar Vucic pourrait demander à Boris Tadic d'entrer au gouvernement.

Attirer les investissements étrangers

Le SNS a obtenu ces élections anticipées après seulement 18 mois de participation à un gouvernement avec les socialistes, en faisant valoir qu'il avait besoin d'un mandat plus solide pour réformer les finances du pays.

La Serbie, qui compte 7,3 millions d'habitants, va devoir s'engager à réduire son déficit budgétaire et sa dette publique pour pouvoir obtenir un nouveau prêt du Fonds monétaire international, ce qui pourrait être chose faite peu après l'entrée en fonction du nouveau gouvernement.

Ces négociations ont été rendues possibles par l'accord historique entérinant la renonciation définitive de la Serbie à son ancienne province au Kosovo, qui a déclaré son indépendance il y a six ans et qui est reconnue par plus de 100 pays.

Le processus d'accession à l'UE, qui devrait se prolonger au-delà de 2020, devrait permettre à la Serbie d'attirer les investissements étrangers dont elle a besoin.

Jusqu'en 2008, Aleksandar Vucic était un farouche adversaire de l'UE et un défenseur passionné de la « Grande Serbie », prônée par les ultranationalistes à la suite de l'éclatement de la Yougoslavie.

Sur YouTube, on peut le voir sur d'anciennes vidéos s'emporter contre la politique « antiserbe » des Occidentaux ou prendre la défense du dirigeant serbe de Bosnie Ratko Mladic, poursuivi par la justice internationale pour le massacre de 8000 musulmans à Srebrenica en 1995.

Il y a six ans, pourtant, il a rompu avec le Parti radical (nationaliste) et s'est rallié à l'idée européenne, meilleur moyen, selon lui, pour assurer la prospérité de la Serbie.

Ses adversaires ont dénoncé un ralliement purement tactique et mettent en doute la sincérité de ses convictions.

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