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Pakistan : une foule de musulmans en colère met le feu à un temple hindou

17/03/2014 02:00 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

Les autorités pakistanaises appelaient au calme lundi après qu'une foule de musulmans en colère eut incendié un temple de la minorité hindoue en réaction à la profanation présumée du coran.

Des dizaines de musulmans en colère ont saccagé et brûlé samedi soir un temple hindou à Larkana (sud), ville de la province du Sind généralement paisible et surtout fief de Bilawal Bhutto Zardari, fils de la défunte Première ministre Benazir Bhutto et actuel chef de la première formation d'opposition du pays, le PPP.

"L'incident a éclaté après que des habitants aient accusé un jeune hindou, Surjeet Kumar, d'avoir brûlé des pages du coran", le livre saint de l'islam, a déclaré à l'AFP Ghunwar Leghari, un responsable de l'administration locale, précisant que la police et des paramilitaires avaient depuis été déployés sur place.

La police a confirmé les faits, indiqué que le jeune hindou était en détention provisoire et que deux musulmans avaient été arrêtés pour avoir pris part aux violences contre la minorité hindoue, qui représente environ 9% de la population de Larkana, une ville de 400.000 habitants, mais seulement 1% du Pakistan, pays majoritairement musulman de plus de 180 millions d'âmes.

Tard dimanche soir, le Premier ministre Nawaz Sharif a appelé au calme et affirmé que les forces de sécurité étaient déployés "pour protéger la vie et les propriétés des Hindous et des autres minorités du pays".

"Les personnes qui ont perpétré cette attaque devront faire face à la justice, de même que ceux qui ont propagé des mensonges et incité à la violence", a commenté Bilawal Bhutto Zardari.

Après l'assaut contre le temple à Larkana, des manifestations hostiles au jeune hindou soupçonné d'avoir brûlé le Coran se sont propagées dans des villes du nord du Sind et de la province voisine du Baloutchistan, selon des responsables.

La loi pakistanaise sur le blasphème, accusée par les libéraux d'être instrumentalisée pour régler des conflits personnels et défendue bec et ongles par les islamistes, prévoit jusqu'à la peine de mort pour les personnes dénigrant le prophète Mahomet et la prison à vie pour quiconque brûle le Coran.

Selon un rapport de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale rendu public la semaine dernière, le Pakistan est de loin le pays qui emprisonne le plus de citoyens soupçonnés de porter atteinte à la religion, principalement l'islam.

A l'été 2012, la jeune Rimsha Masih, une chrétienne vivant dans un quartier pauvre de la capitale Islamabad, avait été accusée à tort par des voisins d'avoir brûlé des pages d'un manuel d'introduction à l'islam sur lesquelles étaient écrits des versets du texte sacré de l'islam. L'adolescente vit aujourd'hui au Canada.

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