POLITIQUE

Le PQ veut ramener le patient au coeur du réseau de santé (VIDÉO)

17/03/2014 10:11 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

LAVAL, Qc - Tous les citoyens auront un médecin de famille d'ici 2016, promet le Parti québécois.

Entourée de son «équipe santé», formée de Réjean Hébert, Véronique Hivon, Diane Lamarre, Gyslaine Desrosiers et Gilles Aubé, Pauline Marois a présenté les engagements de son parti, lundi.

Même si elle évite d'évoquer une recette miracle, la chef péquiste ambitionne de réussir là où tous les gouvernements précédents contemporains ont plus ou moins échoué: réduire les listes d'attente et améliorer l'accès aux soins de santé.

«Les gestes que l'on a posés vont dans la bonne direction et progressivement, nous arriverons à ce que chaque personne ait accès à un médecin de famille, que les dossiers soient informatisés, qu'on puisse avoir accès à un rendez-vous dans un délai raisonnable», a dit Mme Marois, en conférence de presse dans une clinique de médecine familiale de Laval.

Rappelant les ratages et les engagements rompus du Parti libéral du Québec en matière d'accès aux soins, Mme Marois a joué la carte de la prudence.

«On ne promet pas aux gens qu'ils auront un médecin de famille dans trois mois, que demain matin il n'y aura plus de patients dans les urgences», a-t-elle déclaré.

Le ministre de la Santé et candidat dans la circonscription de Saint-François, Réjean Hébert, a été plus précis. Il a indiqué que l'engagement du PQ pris en 2012 d'assurer à tous les Québécois un médecin famille en 2016 tenait toujours.

«L'objectif est de fournir à chaque citoyen québécois un médecin de famille et de compléter à 300 le nombre de groupes de médecines familiales (GMF). Nous sommes résolument engagés dans cette voie-là», a dit M. Hébert. L'opération sera complétée «d'ici 2016 et si on y arrive avant, on y arrivera», a-t-il ajouté.

Au cours des 18 mois de son mandat minoritaire, le gouvernement Marois a mis sur pied 18 GMF. Il en reste 44 à créer pour arriver à la barre des 300.

«Depuis notre arrivée au pouvoir, 323 000 Québécois de plus ont accès à un médecin de famille», s'est félicité M. Hébert.

Les promesses électorales portant sur la santé sont souvent l'objet de railleries tant il apparaît difficile de réformer le fonctionnement du système public. Mais cette fois, la situation est différente, croit le docteur Hébert.

«On a opéré un virage important dans le système de santé en priorisant l'accès aux médecins de famille, en priorisant les soins à domicile et c'est ce virage qu'on va continuer à exercer», a-t-il dit.

Le PQ prévoit n'augmenter que de 3 pour cent les dépenses en santé l'an prochain, un objectif fort ambitieux si l'on tient compte du fait qu'elles se sont accrues de 5,6 pour cent par année en moyenne durant la dernière décennie.

De façon plus générale, le Parti québécois entend améliorer l'accès au système public, plutôt qu'investir dans des «supercliniques» comme l'a promis le Parti libéral la semaine dernière.

La mise en place d'un système de rendez-vous centralisé pour les services de première ligne et un accès plus facile aux services spécialisés grâce à la création de guichets d'accès figurent aussi dans les cartons du Parti québécois.

Le PQ veut également mettre à la disposition du public un «portail santé», un site Internet contenant toutes les informations relatives à la santé, afin de développer «l'auto-soins».

De plus, les péquistes se sont engagés à permettre aux parents d'obtenir une deuxième carte d'assurance-maladie pour leurs enfants, une mesure surtout destinée aux familles reconstituées. Un meilleur dépistage des signes avant-coureurs de l'autisme, permettant aux enfants touchés d'obtenir des services plus tôt, s'ajoute à la liste des engagements.

L'UPA et le cannabis

En après-midi, la caravane péquiste s'est arrêtée au siège de l'Union des producteurs agricoles (UPA) à Longueuil. Mme Marois a rencontré en tête-à-tête le président-directeur général Marcel Groleau avant de s'adresser aux membres de l'exécutif du syndicat.

La chef péquiste n'avait aucun nouvel engagement à offrir à l'UPA sinon la «poursuite de la mise en oeuvre de la Politique de souveraineté alimentaire» présentée par son gouvernement en mai 2013.

Le grand patron de l'UPA en a toutefois surpris plus d'un lorsqu'il a répondu par l'affirmative à un journaliste qui lui demandait s'il verrait d'un bon oeil la culture du cannabis dans les champs québécois.

«Nous, on est ouvert à toute nouvelle production», a lancé M. Groleau avec une pointe d'humour, suscitant un éclat de rire dans la salle.

«Je n'ai pas à juger si on doit ou pas légaliser la marijuana, mais si on décidait de la légaliser, si ça devenait une production, naturellement que les producteurs agricoles du Québec sont capables d'en produire. Il s'en produit déjà sur leur terre», a-t-il ajouté, faisant allusion aux terres agricoles «squattées» par le crime organisé pour la culture de l'herbe bleue.

La leader du PQ a toutefois rejeté l'idée de légaliser ou de décriminaliser la marijuana.

«Ce n'est pas dans le programme», a-t-elle dit.

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