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L'ambassadeur nord-coréen quitte le Conseil des droits de l'Homme pendant le discours du Japon (journaliste AFP)

17/03/2014 06:14 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Le représentant nord-coréen auprès de l'ONU à Genève, M. Se Pyong So, a quitté lundi les débats sur les crimes commis dans son pays au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève alors que la parole était au Japon.

"Ma jeune soeur a été enlevée au Japon en 1978 lorsqu'elle avait une petite fille de 2 ans et un fils de 1 an. Elle a demandé désespérément à être renvoyée au Japon", déclarait M. Shigeo Lizuka, représentant de l'Association des Familles des victimes kidnappées en Corée du Nord, lors du temps de parole réservé au Japon lors des débats au Conseil.

L'ambassadeur nord-coréen a alors d'abord déposé une motion d'ordre et interrompu le discours de M. Lizuka. Il a souhaité savoir si les débats portaient toujours sur le rapport et si M. Shigeo Lizuka était bien "un représentant du gouvernement du Japon ou pas".

Le président du Conseil, Baudelaire Ndong Ella, a expliqué que chaque délégation a le droit d'"accréditer" une personne, et a redonné la parole à M. Shigeo Lizuka. L'ambassadeur nord-coréen s'est alors levé en silence et a quitté la salle, suivi d'une dizaine de photographes, a constaté une journaliste de l'AFP.

Cet incident intervient alors que les parents de Megumi Yokota, une Japonaise kidnappée en 1977 par la Corée du Nord et déclarée morte par le régime de Pyongyang, ont rencontré pour la première fois leur petite-fille la semaine dernière et se sont dits lundi encore persuadés que leur fille est vivante.

La Corée du Nord a reconnu en 2002 avoir enlevé treize Japonais dans les décennies 1970-1980 et indiqué que huit d'entre eux étaient décédés, dont Megumi Yokota qui avait été capturée alors qu'elle n'avait que 13 ans.

Les parents de Megumi Yokota, un des cas les plus médiatisés, ont passé cinq jours (du 10 au 14 mars) avec leur petite-fille nommée Kim Eun-Gyong, aujourd'hui âgée de 26 ans, son époux et son bébé, dans la capitale mongole Oulan-Bator, a précisé le ministère japonais des Affaires étrangères, sans donner plus de détails.

Le Conseil des droits de l'Homme débat lundi du rapport publié le 17 février par une commission d'enquête de l'ONU qui dénonce les multiples crimes commis par le régime nord-coréen. Il s'insurge aussi contre les enlèvements d'étrangers.

"Permettez que les familles séparées puissent se retrouver de façon permanente", a déclaré le président de la commission, Michael Kirby, s'adressant à la Corée du Nord.

Le rapport estime "à plus de 200.000, y compris des enfants" le nombre de de disparitions, qu'il s'agisse de Sud-coréens partis au nord, de personnes d'origine coréenne venue du Japon mais aussi des Japonais et des Chinois.

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